Tournesol, en 2ème année de Médecine à Rouen nous parle de son parcours et du vécu de sa PACES

Quelle année était votre PACES, quel était son numerus clausus ?

2016 – 2017, NC: 232

Votre bac, votre spécialité et votre mention ?

Bac S SVT spé SVT Mention TB Félicitations du Jury

Obtention de la PACES en primant(e), doublant(e) ou triplant(e) ?

Primante

Quel(s) concours avez-vous passé ? Votre classement dans les différentes filières ?

Médecine (219e)

Votre niveau au lycée ? Etiez-vous assidu ou dilettante ?

J’étais une bonne élève, j’avais de bons résultats en travaillant assez peu, même si j’ai toujours été sérieuse

Lors de votre PACES, habitiez-vous chez vos parents ? Tout(e) seul(e) ? En colocation ?

J’habitais toute seule dans un appartement.

Quelle était la durée de votre trajet fac – habitation ?

5 à 10 minutes à pied

Avez-vous trouvé vos repères facilement à la fac ?

Non, pas vraiment.
J’avais fait un stage de pré-rentrée dans une prépa privée, donc je connaissais déjà certains aspects du programme et ce qui était demandé (enfin globalement).
La fac n’est pas si grande, on se repère facilement.

Par contre, c’était une vie complètement nouvelle pour moi: on part de la maison, on se retrouve dans une grande ville qu’on ne connaît pas, avec des cours en amphi… Beaucoup de choses à gérer en plus de la PACES!

Le 1er jour, j’étais allée dans le 600 (l’amphi avec le prof). Il y avait tous les doublants qui sifflaient la prof, faisaient voler des avions… C’est très déstabilisant de voir la prof se faire chahuter de cette façon dès le premier jour, de ne pas entendre le moindre détail de ses démonstrations très complexes (qui ne servent à rien pour le concours, mais ça on ne le sait pas quand on débarque).

La prise de notes n’est pas toujours facile non plus, prendre ses notes à l’ordinateur est quelque chose que l’on n’a jamais fait auparavant. De plus il faut arriver tôt dans cet amphi pour avoir de la place, j’ai très vite abandonné cette idée, c’est juste psychologique de vouloir avoir le prof dans le même amphi que soi, mais ça ne sert à rien dans le fond (sauf pour poser des questions!). J’allais finalement dans un amphi plus petit, où je pouvais arriver juste à l’heure, ça me permettait de dormir plus longtemps. De toute façon, il est rare que les profs daignent répondre à vos questions, on n’est plus au lycée.

Et le plus dur, c’est de trouver sa méthode. Mais la méthode s’acquiert avec le temps, des essais, des erreurs… Ceux qui réussissent sont ceux qui trouvent leur méthode le plus rapidement possible. Essayez déjà de savoir quel type de mémoire fonctionne le mieux pour vous, ça vous fera gagner beaucoup de temps.

Avez-vous travaillé les cours l’été avant votre rentrée en PACES ? Pourquoi ?

Oui j’avais essayé d’apprendre un peu des cours de chimie (qui ne m’ont servi à rien par la suite, puisque c’étaient des cours d’autres facs). Je pensais que prendre de l’avance était nécessairement bon. J’ai ensuite fait un stage de pré-rentrée au mois d’août de 3 semaines.

Le problème de ces stages c’est qu’on est encore en partie au lycée. Les méthodes qui fonctionnent au lycée fonctionnent ici aussi, mais ne fonctionneront plus par la suite.
On nous dit “ne travaillez pas pour le moment”, alors je me disais que si je travaillais je prendrais nécessairement de l’avance. J’étais très bien classée donc je suis arrivée confiante, peut être trop.
Le contre-coup, on l’a à retardement finalement, lors des 1ers classements où les doublants sont bien présents, et où tous les primants bossent à fond cette fois (dont certains n’étaient pas là au stage, surprise!).

Et on se rend compte à ce moment-là que l’année va être difficile. Passer de 2e/150 à 70/250, ça fait mal! C’est plutôt pas mal pour une première, mais on se dit qu’il va falloir s’améliorer sérieusement si on veut passer.
Problème: c’est déjà trop tard.

Alors bien sûr, sur certains cours, on sait ce qu’il faut apprendre… Ce n’est pas inutile! Mais on a tendance à ne pas apprendre des détails qui pourraient être utiles sous prétexte qu’on n’a pas vu ça au stage. Le stage, ce n’est qu’une introduction, et ça ne veut pas dire grand chose pour la suite. C’est une aide non négligeable, mais ça ne fait pas votre année. Ca permet de savoir en quoi consistent les matières… Mais je ne vois pas l’intérêt de faire déjà des classements qui ne veulent rien dire par la suite.

Et surtout ce n’est pas grâce à ces stages que vous rattraperez pas les doublants. Je connais des primants qui ne l’ont pas fait et qui s’en sont bien sortis, d’autres qui l’ont fait et ont laissé tomber dès le 1er semestre.

Il y a tous les cas de figure! C’est juste une aide supplémentaire. Attention cependant à ne pas arriver trop confiant comme ça a été le cas pour moi!

Et n’oubliez pas que d’autres sont encore en vacances et arriveront plus frais à la rentrée. Dans ma prépa, le stage durait 3 semaines, ça vous prolonge une année déjà interminable de presque un mois. Ce n’est pas à négliger non plus.

Par contre je pense qu’en tant que doublant ça peut avoir son utilité de bosser les cours l’été. Ou au moins de remettre ses cours au propre, de les compléter…
On sait déjà ce qui est attendu, ça permet de se replonger dedans, et d’arriver prêt contrairement aux pauvres primants qui débarquent du lycée et qui ne savent rien ou presque.

En tant que primant, ça peut être bien d’acheter des cours récents de sa fac (en vente sur un célèbre site de petites annonces dont je ne citerai pas le nom). Ca permet d’éviter de passer des heures sur le podcast si on n’est pas rapide pour noter, d’avoir des cours complets qui soulignent les points importants, d’avoir des exercices à sa disposition… Au 1er semestre, j’avais refusé d’en acheter et je l’ai regretté par la suite, ma tutrice m’a passé ses cours pour le 2e semestre et ça m’a bien aidée!
Il faut aussi bien sûr acheter les polys en vente à la CORPO même si certains sont indispensables (chimie organique), d’autres un peu moins.
De plus, dans certains cours le prof lit son poly ou son diapo (qui sont souvent les mêmes), donc ça ne sert à rien d’aller dans ces cours.

Pratiquiez-vous une activité physique en PACES ? Si oui, combien de temps/fois par jour/semaine ?

Non, je n’ai pas fait de sport de l’année (oui c’est vilain ^^) par manque de temps, mais je ne le conseille pas, en général il faut faire du sport au moins une fois par semaine pour rester en forme. A la fin de l’année j’étais un véritable légume, donc “faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais”.

Cette année promis je reprends le sport (enfin je vais essayer puisque je ne suis pas une grande sportive).

Aviez-vous des loisirs ? Des sorties ?

Encore une fois non! Après si vous êtes capables de mettre toute votre vie entre parenthèses sans déprimer tant mieux.
Mais mieux vaut garder des loisirs pour ne pas déprimer. Bosser tout le temps et n’avoir que ça, ça finit par vous peser… Et vous finissez par ne plus être efficaces.
Mieux vaut faire une pause pour être plus efficace que bosser comme un bourin, donc encore une fois “faites ce que je dis, faites pas ce que je fais”.

Le sport peut être bien pour les amateurs. Les sorties, vous pouvez vous le permettre de temps en temps, je dirais une à deux fois par mois maximum.

Aviez-vous dans votre famille des médecins, dentistes ou pharmaciens ?

Pas du tout!
Par contre un médecin dans ma ville (si on peut appeler ça une ville, enfin une petite ville on va dire) avait le même nom de famille que moi et tout le monde croyait que j’étais sa fille alors que pas du tout!
Mais parmi ceux qui ont réussi j’en connais pas mal qui proviennent de familles de médecins et/ou de pharmaciens, dentistes…
Ca aide, mais ce n’est pas parce que votre famille n’est pas dans le milieu que vous ne pouvez pas réussir.

Combien d’heures de sommeil aviez-vous par nuit ?

Au 1er semestre j’allais à tous les cours, donc je me levais à 6h30 et je finissais de bosser à 23h-minuit, parfois plus tard. Du coup ça faisait 6-7h dans mon lit. Malheureusement, il me faut au moins 1 à 2 heures pour m’endormir, et un certain temps pour me réveiller, donc ça me faisait beaucoup moins. Je ne dormais pas assez donc je n’étais pas efficace.

Au 2e semestre je n’allais généralement plus en cours, puisque j’avais des cours de l’année précédente, donc j’ai commencé à faire des “grosses nuits” de 10 à 12h.
Je suis devenue une vraie marmotte! Mais au moins après j’étais efficace.

Je vous dirais surtout, futurs PACES, de respecter votre horloge biologique un maximum, et de faire des bonnes nuits. Après tout dépend si vous êtes des petits dormeurs ou des gros dormeurs, couches-tard ou lève-tôt…

Si vous avez des troubles du sommeil essayez de vous détendre, prenez du magnésium, mais par pitié évitez les anti-dépresseurs, anxiolytiques et autres somnifères (enfin tous les psychotropes en général) pour cette année, ça vous rendra inefficaces! Quant au café et au thé, long débat… Si ça vous aide tant mieux, mais jamais le soir!
Et quand vous allez vous coucher, refermez la parenthèse cours. C’est fini, dites-vous que vous savez votre cours (même si ce n’est pas vrai) et pensez à autre chose, c’est important.

Beaucoup d’étudiants en PACES se plaignent d’avoir leurs cours en boucle dans leur tête, si vous avez un doute sur un truc, revérifiez-le plutôt que d’y penser toute la nuit et de ne pas arriver à dormir. Tant pis s’il vous faut vous relever pour ça!
Moi j’avais des QCMs dans la tête des fois c’était horrible… ACD, ABD, BCE, BDE comme ça pendant des heures, le cauchemar complet, je ne savais même pas si je dormais ou pas au bout d’un moment!

Combien d’heures travailliez-vous par jour ?

Je dirais 10 à 12 h en plus des 4h de cours, mais ça dépendait des jours, et des “évènements de l’après-midi”: EDs, cours à la prépa, colles…

Quelle était votre méthode de travail pour l’apprentissage ?

Déjà lire le cours en entier pour avoir une vision globale. Ne pas hésiter à le relire plusieurs fois.

Ensuite je procédais à la mise en page de mon cours, souvent pris en note vite-fait par manque de temps. Il faut éviter les cours “bloc”, aérez un maximum vos cours, sinon c’est imbuvable, ça ne donne pas envie d’apprendre et c’est beaucoup plus compliqué à retenir.
Je mettais en rouge les éléments importants, les titres en plus gros (essayez de faire un plan, I, II, III, comme au lycée), les définitions en vert, les noms propres en bleu (quand ils étaient importants). Il faut dans tous les cas mettre en valeur les éléments les plus importants. Pour cela, fiez-vous à votre instinct, il est souvent bon! Les éléments de base sont à maîtriser avant les détails (même si les détails sont importants aussi). Certains surlignent, d’autres mettent en couleur. Personnellement je trouvais ça plus clair de mettre en couleur mais chacun ses goûts.
Cette étape est utile pour comprendre les éléments essentiels, et les retenir par la même occasion.

Puis impression du cours, parce que l’ordinateur ça finit par faire mal aux yeux. J’ai une amie qui est maintenant en pharma qui a dû consulter plusieurs fois son ophtalmologue en urgence, qui lui a remis des verres beaucoup plus forts, donc quand on est déjà 4h/jour sur l’ordinateur c’est suffisant.

J’apprenais ensuite mon cours, en me le récitant dans ma tête et en le lisant. J’avais aussi un tableau et je faisais souvent des fiches (du moins au 2e semestre) à la main parce que la mémoire motrice ça marchait bien pour moi. Ne pas hésiter non plus à faire des schémas!!! (pour l’anatomie, il est impératif de savoir cours + schémas, dans le reste, les schémas peuvent clarifier et donc vous être d’un grand secours). Des “documents complémentaires” peuvent vous être utiles: faites des tableaux, des frises chronologiques (pour l’HDM+++).

Ensuite dès que j’avais fini d’apprendre mon cours, je faisais des QCMs. C’est important de faire aussitôt des questions type concours, et de relire votre cours par la même occasion. Ca permet de cibler aussi votre apprentissage. Un QCM qui a déjà été posé par un tuteur ou par un prof est plus susceptible de contenir un élément important et donc de tomber au concours. Ensuite je notais mes erreurs. C’est important de faire un cahier d’erreurs dans lequel vous n’allez noter que des propositions vraies pour ne pas vous mélanger. Il sera à relire régulièrement, en complément de l’apprentissage de vos cours.

Il faut faire un maximum de QCMs (Tutorat + prépas + annales des prépas + annales du Tutorat + concours blancs + annales des concours), vous avez du choix! Je commençais par les annales du Tutorat en général, puis les annales de ma prépa, puis les concours blancs. Les annales des concours sont à réserver pour les périodes de révisions. Les doublants ont déjà de l’avance sur l’apprentissage des cours, ils ont le temps de s’entraîner en plus sur les QCMs d’où leur meilleure réussite. Et puis si vous faites beaucoup de QCMs, il n’est pas rare qu’au concours vous tombiez sur un QCM déjà fait, et donc ça vous semble bien plus facile.

Je n’ai pas appliqué la méthode des J, trop contraignante. En fait tout le monde conseille cette méthode, en précisant qu’elle n’est pas possible à appliquer (logique?)
Si vous appliquez cette méthode, vous n’avez pas le temps de faire des QCMs, vous avez l’impression d’être constamment en retard et débordé par les évènements. Et puis des fois les J vous font revoir un cours que vous maîtrisez bien, alors que d’autres ne sont pas maîtrisés. Il faut être plus stratège, revoir les cours qu’on ne maîtrise pas en priorité (même si parfois on a l’impression de connaître certains cours alors qu’en fait non). Par contre, le fait de “répéter” et de repasser les cours est bon: c’est la seule façon de maintenir des connaissances à long terme. Et il faut toujours faire les J0 et J1 (dans l’idéal faire les J3 aussi).

La méthode des blocs est préférable à mon avis. C’est à dire, revoir tous les cours sur un même thème. Ca permet d’incorporer des QCMs juste après avoir revu tous les cours sur le thème choisi.
Après il faut aimer passer beaucoup de temps sur la même chose. Si vous préférez varier et que vous saturez rapidement, cette méthode n’est pas pour vous.

Ce dont je vous ai parlé au début est valable pour les matières “classiques”, ou “à par coeur” : histologie, pharmaco, biochimie…
Pour les matières à exercices, la première étape consistera à apprendre vos formules (pour la physique+++), les connaissances nécessaires aux exercices plus généralement (en chimie organique les réactions, les bases d’atomistique et de cinétique chimique…).
Il n’y a pas beaucoup de par coeur dans ces matières, mais les connaissances doivent être solides (comme partout me direz-vous).
Pas question de bloquer sur une formule de physique le jour du concours!
Ensuite, il faut faire un maximum d’exercices, refaire les EDs (car faits par les profs eux-mêmes), les exercices contenus dans certains livres faits par les profs eux-mêmes, les exercices contenus dans les colles des prépas, du tutorat, les annales des concours blancs et des concours…

Arrive le cas (souvent douloureux) de l’UE7. Cette magnifique matière (c’était mon meilleur classement et ma meilleure note) se compose entre autres d’histoire de la médecine (pour laquelle je vous conseille de faire un frise chronologique bien utile). La première partie du travail consiste à apprendre les noms propres et les inventions qui leur correspondent. Ensuite il va falloir se repérer dans le temps, faire attention à XVIIe et XVIIIe siècle dans les QCMs… Puis, travail à plus long terme, il faudra comprendre l’évolution des concepts, ce qu’on pensait à telle époque…

Pour la psycho c’est du par coeur mot pour mot à réciter, évalué sous forme de QROC (petits cadres avec une question). La réponse doit être courte, et bien écrite. C’est probablement le travail le plus bête que vous ferez, vous apprendrez par coeur mot pour mot, parfois sans comprendre, mais c’est nécessaire pour votre concours (vous avez envie d’avoir votre concours, hein? bah c’est pas compliqué vous apprenez ces 30 maudites pages par coeur)

Et la santé so, dans laquelle il faudra distinguer les chiffres (beaucoup!), des notions de base qui vous permettront de comprendre le fonctionnement du système de santé. C’est ce qui compte le plus, il ne faut surtout faire aucune impasse! Les chiffres, il faut retenir les principaux, ceux que notre magnifique prof à belle moustache (pour ne pas citer son nom, les étudiants de Rouen le reconnaîtront) dit en cours.
Le fonctionnement du système de santé est plus important à comprendre et rapporte plus: il faudra faire des schémas, et ne pas hésiter à consulter le cours sur le pilotage des soins régulièrement, ce cours clarifie l’ensemble de tous les autres cours. Il faut bien comprendre qui fait quoi, à quoi sert telle institution… Si je vous dis PRAPS vos me répondez? Vous ne savez pas? Révisez encore et revenez quand vous saurez votre cours! Si oui, bravo à vous!

Pour l’anatomie, il faut connaître les schémas par coeur (être capable de les refaire les yeux fermés), ET le texte à côté. Il faut tout noter ce que le/la prof dit (et ils sont un peu speed, sauf notre bon vieux doyen qui parle doucement, enfin il parle vite quand quelque chose est important).

Pour la chimie organique, apprenez par coeur les réactions de l’abominable poly 3 (contrairement à ce que nos chers Franssouah et son acolyte de l’hydrojane vous diront, les vrais comprendront ;) ), faites des fiches avec les réactions, entraînez-vous (ils ont fait un bouquin spécialement pour vous) et ça passera bien, pour réussir la terrible épreuve qu’ils vous auront concoctée.

Faisiez-vous des fiches ? Si oui comment ?

Oui je faisais beaucoup de fiches, surtout au 2e semestre.
Des tableaux, des schémas pour clarifier, des fiches écrites à la main souvent (mémoire motrice +++), des frises chronologiques…
Souvent ça rentre bien mieux que le texte! Et beaucoup de cours se présentent sous forme de liste où il est facile de se mélanger, le tableau est un bon support pour éviter ce genre de confusions.

Pour l’UE7 il faut faire des fiches de chiffres, pour les matières à exercices, il faut faire des fiches de formules, de réactions pour la chimie orga…

Certains vous diront “il faut tout apprendre, donc tu veux faire des fiches? Tu vas faire quoi, recopier le cours?”. Non, on peut faire autre chose que recopier le cours, le présenter sous une forme plus “assimilable”. Et quand bien même on recopierait le cours, on fait fonctionner la mémoire motrice, ce n’est pas inutile!

J’accrochais ensuite certaines de mes fiches au-dessus de mon bureau. Il ne faut pas en mettre partout, sous peine de déprimer, mais accrocher des choses peut vous aider.

Avez-vous travaillé seul(e) ? En groupe ?

Seule la plupart du temps. Tout travail en groupe nécessite au préalable un travail seul. Vous pouvez vous interroger vous poser des questions… Mais il faut au préalable avoir appris sons cours, et personne ne peut apprendre à votre place!

Et c’est important si vous désirez travailler en groupe d’avoir des amis qui ont le même niveau que vous, voire un niveau légèrement supérieur, qui vous tireront ainsi vers le haut.
Si vos amis sont moins forts que vous, vous pourrez toujours vous dire “j’ai mieux réussi que lui/qu’elle”, même si vous n’avez pas vraiment bien réussi, ça vous tire vers le bas. Etre le meilleur/la meilleure de son groupe n’est pas vraiment l’idéal (j’en ai fait l’expérience au 1er semestre).

Travailliez-vous à la bibliothèque de votre université ou chez vous ?

Chez moi le plus souvent. J’allais de temps en temps à la BU (quand j’avais ED en début d’après-midi et tutorat en fin d’après-midi et que je ne voulais pas refaire de voyage), mais c’est assez compliqué car si la BU est souvent ouverte, il est difficile d’y trouver une place.
Par contre, le fait d’être entouré de gens qui bossent peut inciter à bosser, et comme la BU est plongée dans le silence, pas question de discuter. En résumé: si vous y trouvez une place, tant mieux.

Certaines personnes bossent dans les prépas, c’est le même problème (en tout cas dans ma prépa): il faut trouver une place. Mais il y a un avantage supplémentaire: la présence des tuteurs pour poser des questions.

Chez vous après il y a toutes les distractions possibles, enfin si vous êtes efficaces tant mieux.

Etiez-vous au tutorat de votre fac ou dans une prépa privée ? Pourquoi ? Que recommandez vous ?

Les deux! Enfin au 1er semestre je n’ai fait que ma prépa, car on me l’avait conseillé. Ca a été une de mes plus grosses erreurs je pense, car j’ai manqué d’entraînement, et je me suis retrouvée avec un classement insuffisant pour espérer avoir médecine. J’ai fait le tutorat + la prépa au 2e semestre et ça a beaucoup mieux marché, j’ai remonté plein de places et j’ai finalement été admise!

Je conseille dans tous les cas de faire le tutorat, que vous fassiez une prépa ou non. Ce sont les QCMs les plus proches de ce qui tombe au concours, car c’est relu par les profs (enfin pas tout le temps mais parfois quand même). Et leurs fiches sont plutôt bien (enfin ce n’est que mon humble avis).

Les prépas privées, c’est le bonus! L’accompagnement surtout, ça vous permet d’avoir un minimum de vie sociale, c’est un soutien psychologique, ça vous permet de poser vos questions plus facilement… Mais les QCMs sont moins fidèles au concours. Si vous avez besoin d’être encadrés c’est super! Sinon, le tutorat suffit.
Et il faut prendre en compte le fait que ces prépas sont souvent très chères, alors que les prestations sont globalement les mêmes qu’au tutorat qui est gratuit, ce qui constitue un avantage non négligeable.

Je dirais pour conclure que l’idéal est de faire les deux, même si ça vous prend du temps, ce n’est pas du temps de perdu! Et ne jamais sécher une colle même si vous êtes débordés, sinon c’est le début de la fin. Aller en colle est au moins aussi important qu’aller en cours à la fac, que ce soit dans les prépas ou au tutorat.

Quant aux taux de réussite, ils sont comparables globalement, et même un peu meilleurs au tutorat, même si cela s’explique par la grande proportion de doublants au tutorat (ils ont le temps de faire prépa + tutorat souvent).
Après, prépa ou tutorat, ça ne change pas fondamentalement votre classement, les deux sont là pour vous aider. Si vous faites les deux par contre, votre classement sera sensiblement meilleur.

Etiez-vous bien classé aux colles du tutorat et/ou de la prépa privée ?

Au 1er semestre, j’étais dans les 60/250 environ, au 2e semestre dans les 20/200 environ (les 50 restants avaient laissé tomber).
Au tutorat j’avais ce genre de classements aussi, dans les 20/200.

La différence est surtout que j’avais beaucoup plus d’entraînement au 2e semestre.

Aviez-vous du retard dans vos cours ? Si oui, comment le gériez-vous ?

Oui j’avais beaucoup de retard, et j’avais souvent du mal à le gérer! Mais bon, en primant il paraît que c’est un peu normal…
Dans tous les cas, il faut apprendre les cours du jour, et revoir le cours de la veille. Si vous pouvez faire vos J3 c’est bien. Mais à un moment donné il faut dormir aussi… Le temps et vous-mêmes sont vos meilleurs ennemis en PACES.

Quel était votre rythme de travail ?

Au 1er semestre
8h-12h cours à la fac
13h-23h ou minuit: boulot (avec entre deux les ED, le Tutorat, les cours à la prépa, les colles à la prépa…)
(rythme tout à fait classique)

Au 2e semestre:
10h-12h: boulot
13h-1h: boulot (avec entre deux les ED, le Tutorat, les cours à la prépa, les colles à la prépa…)

Dans quel état d’esprit étiez-vous pour réussir ? Esprit compétition ? Altruiste ?

Un peu les deux!
Un minimum d’esprit de compétition est nécessaire je pense, sinon on ne serait pas là, à essayer de passer ce fichu concours avec un taux de réussite si faible. Et puis ça vous stimule, ça vous permet de vous dépasser.
Mais finalement j’étais plutôt altruiste, il m’arrivait de passer mes cours, mes EDs, des colles… parfois même à des concurrents plus forts que moi. Mais je ne le conseille pas. Vous aurez tout le temps d’être altruistes plus tard. Cela dit, ça peut toujours vous dépanner, quand vous aussi vous avez un problème, les personnes à qui vous avez passé vos documents sont plus susceptibles de vous passer les leurs.

Vous étiez plutôt stressé(e) ou plutôt décontracté(e) ?

Très stressée! Enfin je suis d’un naturel stressée et là ça ne s’est pas arrangé…
Après il faut se dire que la PACES n’est pas une fin en soi, qu’on peut réussir dans d’autres voies, même si on échoue, et que ça permet d’acquérir une grande capacité de travail, et on en resort grandi! Pensez à Darwin qui a raté médecine, ça vous aidera à relativiser.

Quelle attitude aviez-vous en cours théorique ? Concentré(e) ou dispersé(e) ?

Plutôt concentrée, enfin j’essayais, dans la mesure du possible. Malheureusement les profs ne sont en général pas de très bons orateurs, ni de très bons pédagogues. Ce ne sont pas vos profs de lycée, que vous avez peut être pour certains détestés, critiqués… Là le prof qui vous passait son diapo, s’embrouillait tout seul et auquel vous ne compreniez rien à son cours est un peu l’archétype du prof de PACES. Il faut s’y habituer.
Et parfois avec le bruit dans l’amphi, le prof qui ne parle pas fort et sur un ton monocorde (ou les problèmes de son aussi) on décroche. Pire, des fois, on s’endort. Mais ça arrive à tout le monde, pas d’inquiétude là-dessus, même s’il faut rester attentifs, surtout si vous avez une mémoire auditive.
Après souvent le poly du prof suffit, ce qu’il dit à côté est de l’ordre de l’explication.

Comment preniez-vous vos cours ? Sur ordinateur ? Sur papier ? Avec un dictaphone ?

Sur ordinateur car je tape plus vite que j’écris. Et puis c’est l’assurance d’un cours propre quand vous écrivez comme un cochon (comme moi).
Mais pour la mémoire motrice ce n’est pas l’idéal. Du coup je refaisais mes fiches à la main.

Le dictaphone, je ne m’en suis jamais servi, la plupart des cours sont podcastés avec l’image, donc c’est mieux qu’un dictaphone. Et puis il faut le recaler, ça fait perdre un temps certain. Comme j’avais une mauvaise mémoire auditive, ça ne m’a pas été très utile.

Vous serviez-vous des annales pour réviser ?

Bien sûr, les annales sont indispensables puisque certains profs n’hésitent pas à faire du copier-coller de leurs QCMs d’une année sur l’autre (en biochimie et en anatomie surtout).
Les QCMs déjà tombés en annale ont de fortes chances de retomber. Pendant les périodes de révision, il faut toutes les faire, et même dans l’idéal plusieurs fois.
Et quand on a faux, ça permet de revoir le passage du cours correspondant.
C’est pour moi la meilleure manière de s’évaluer et de revoir les derniers points du cours.

Comment était organisée votre journée ?

Au 1er semestre
8h-12h cours à la fac
13h-23h ou minuit: boulot (avec entre deux les ED, le Tutorat, les cours à la prépa, les colles à la prépa…)
(rythme tout à fait classique)

Au 2e semestre:
10h-12h: boulot
13h-1h: boulot (avec entre deux les ED, le Tutorat, les cours à la prépa, les colles à la prépa…)

(je répète la réponse à une question précédente…)

Quels seraient vos conseils pour les futurs étudiant(e)s en PACES ?

S’entraîner un maximum, ne jamais baisser les bras (garder le moral n’est pas toujours facile)

Mais surtout trouver sa propre méthode en se fiant à son intuition (et pas seulement à tout ce qu’on raconte!). Il se peut que certains conseils que j’ai donnés précédemment soient très mauvais, du moins pour vous, même si certains conseils relèvent du bon sens et s’appliquent toujours ou presque. Même si untel est arrivé 2e au concours et vous dit “faites comme ceci”, il vous dit avant tout ce qui a marché pour lui, pas forcément ce qui marchera pour vous!
Croyez en vous, c’est déjà beaucoup! Mais remettez-vous en question et soyez lucide. Demandez-vous ce qui n’a pas été si vous avez raté une colle. Et même si vous êtes 1er à une colle, ce n’est jamais gagné! Vous pouvez toujours vous faire rattraper si vous ne faites rien par la suite. Même si vous avez toujours été de bons élèves, rien ne vous est dû!

Essayez aussi de garder une bonne hygiène de vie (sommeil, sport, alimentation…), c’est très important et ça influe beaucoup sur votre efficacité.

Qu’est ce qui vous a fait réussir selon vous, par rapport aux autres étudiants ?

Alors là… Déjà je pensais redoubler quand j’ai vu mon admission je n’y ai pas cru alors cette question est un peu difficile pour moi.

Je pense que mon entraînement intensif au 2e semestre a payé, parce qu’au 1er semestre c’était mal barré pour moi! Mais j’ai su être lucide, me remettre à bosser aussitôt et changer radicalement sa méthode en analysant ce qui avait été/ce qui n’avait pas été, pourquoi j’en étais arrivée là…

Je dirais mon assiduité aussi : j’ai refusé toute impasse (même sur les matières “ça ne sert à rien”): la pharmaco m’a en partie sauvée, et j’ai toujours refusé de sécher des colles.

Et j’ai une mémoire plutôt bonne, ça aide.

Pour terminer, comment avez-vous trouvé cette première année des études de santé ?

Eprouvante mais super intéressante. Bizarrement je l’ai mieux vécue que ma terminale, car j’ai su que j’avais trouvé ma voie, et ce que je faisais me passionnait donc finalement je l’ai plutôt bien vécue, cette année. Alors bien sûr il y a les moments de découragement, les doutes, le stress… Mais on en passe tous par là quoi qu’il arrive.

Ce que je regrette c’est que le mode d’évaluation est assez inhumain: des QCMs, et le traitement des étudiants assez impersonnel. On est des anonymes, juste un numéro d’inscription. Après en cours de psycho quand on nous dit d’éviter la “déshumanisation”, on trouve ça assez ironique!

Que pensez-vous du site www.reussirmapaces.fr ?

C’est un très bon site, je trouve que les témoignages sont particulièrement intéressants, et les conseils aussi!
Futurs PACES, passez par ici!

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2017-09-27T11:56:21+00:00 27 septembre 2017|Categories: Les primants, Les témoignages, Médecine, Rouen|0 commentaire
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