Blandine M, en 2ème année de Médecine à Lille nous parle de son parcours et du vécu de sa PACES

Quelle année était votre PACES, quel était son numerus clausus ?

2016 – 2017, 458

Votre bac, votre spécialité et votre mention ?

J’ai eu un Bac S spécialité physique chimie mention très bien.

Obtention de la PACES en primant(e), doublant(e) ou triplant(e) ?

J’ai eu ma PACES en tant que primante.

Quel(s) concours avez-vous passé ? Votre classement dans les différentes filières ?

J’ai passé uniquement le concours médecine et j’ai été classée 141e.

Votre niveau au lycée ? Etiez-vous assidu ou dilettante ?

Je n’ai jamais eu besoin auparavant de travailler pour obtenir de bons résultats, je me contentais de faire ce qui était nécessaire pour me maintenir à un bon niveau.

Lors de votre PACES, habitiez-vous chez vos parents ? Tout(e) seul(e) ? En colocation ?

J’habitais en colocation avec une amie qui était également en PACES.

Quelle était la durée de votre trajet fac – habitation ?

Je mettais environ 30 minutes en métro pour aller de chez moi à la fac.

Avez-vous trouvé vos repères facilement à la fac ?

J’étais déjà allée aux différentes portes ouvertes organisées par la fac et j’avais déjà travaillé les cours pendant l’été, il ne me fut donc pas difficile de m’habituer dans ce nouvel environnement. Tous les amphis des PACES sont regroupés au même endroit et chacun a sa place, ce n’est donc pas très compliqué de s’y retrouver et en une semaine j’avais mes repères.

Avez-vous travaillé les cours l’été avant votre rentrée en PACES ? Pourquoi ?

J’avais acheté les cours de l’année dernière à la corpo au mois de juin et j’ai tenté de les lire pendant les vacances, mais sans aide pour les expliquer cela s’est plus avéré décourageant qu’autre chose. Cela m’a néanmoins été utile pour découvrir de manière globale le contenu des différentes UE.

Les deux dernières semaines d’août, j’ai effectué un stage de pré-rentrée dans une prépa privée, et cela m’a été extrêmement utile pour découvrir une bonne première moitié du programme du 1er quad. Cela m’a permis d’aborder les cours à la fac plus sereinement puisque j’en connaissais le contenu pour la plupart, et je pouvais donc me concentrer d’avantage qu’un étudiant qui ne les avait jamais abordé.

Pratiquiez-vous une activité physique en PACES ? Si oui, combien de temps/fois par jour/semaine ?

N’étant pas très sportive et ne faisant déjà plus de sport depuis la terminale, je n’ai pas cherché à pratiquer une activité physique, même si cela a quand même fini par me manquer.

Aviez-vous des loisirs ? Des sorties ?

Je joue de la flûte et du piano depuis toute petite, et je n’ai pas pu me résoudre à arrêter. Cela s’est avéré être le meilleur moyen possible pour me vider la tête, et je suis très contente d’avoir continué la musique, car je pense que c’est vraiment nécessaire de garder un loisir dans ces conditions de travail. Je faisais partie d’une harmonie et j’étais présente au répétitions presque chaque semaine. Cela me permettais de voir des personnes extérieures à la PACES et de penser à autre chose, ce qui est très bénéfique.

Il m’est arrivé quelques fois de sortir avec des amis, même si j’ai du un peu me restreindre. J’ai tout de même passé de très bons moments avec eux, et cela m’a été indispensable pour garder la motivation. J’ai bien sûr évité toutes formes d’excès à chaque fois que je suis sortie, et j’ai essayé de ne pas rentrer trop tard pour être en forme le lendemain.
Je voyais également mon copain une fois par semaine environ, même si la plupart du temps c’était pour travailler chez lui.

Aviez-vous dans votre famille des médecins, dentistes ou pharmaciens ?

Aucun membre de ma famille ne fait partie du milieu médical.

Combien d’heures de sommeil aviez-vous par nuit ?

J’essayais de me préserver le mieux possible, et de dormir environ 8 heures par nuit. Cela a été plutôt difficile, notamment quand j’avais les cours le matin, et j’étais très fatiguée mentalement. J’avais besoin de dormir beaucoup plus que quand j’étais au lycée, et c’est assez compliqué de s’imposer un rythme de sommeil régulier, mais c’était vraiment important, car quand j’étais trop fatiguée je n’arrivais plus à réviser et c’était un cercle vicieux.

Combien d’heures travailliez-vous par jour ?

Je n’ai jamais vraiment compté mes heures de travail, et certaines journées étaient beaucoup plus productives que d’autres, mais je pense que je devais travailler en moyenne 10 heures par jour, mais cela pouvais être beaucoup plus ou beaucoup moins selon mon programme et ma motivation.

Quelle était votre méthode de travail pour l’apprentissage ?

J’ai d’abord tenté la méthode des J, mais cela n’a pas été concluant pour moi, car trop rigoureuse. Je suis incapable de tenir un planning, j’ai donc laissé tomber cette idée très rapidement, car cela s’avérait déprimant quand je me rendais compte que je n’avais rien respecté.

J’essayais de relire et de surligner immédiatement mes cours du jour, ce qui me permettais de comprendre au mieux leur intégralité. Ensuite, je les apprenais de manière régulière, en notant chaque fois que je les révisais afin d’avoir une idée de tout ce que j’avais déjà effectué et d’être sûre de ne pas faire d’impasse en oubliant de travailler un cours. Cela m’a surtout permis de compenser l’absence de planning.

Pour les chapitres plutôt longs, j’essayais de les synthétiser au maximum afin d’en avoir une vision d’ensemble qui me permettait de retenir beaucoup plus facilement l’intégralité du cours.

En physique, en chimie et en maths, je faisais beaucoup de QCM. Je travaillais les ED, même si je n’allais pas forcément à la correction et j’essayais de m’entraîner le plus possible. C’était également la meilleure manière pour moi de retenir les différentes formules, que j’étais incapable d’apprendre si je ne les utilisais pas.

Pour la SSH du premier quad, où c’est uniquement de l’apprentissage par coeur, je devais relire mes fiches tous les jours. Je le faisais dès que j’avais un moment de libre, dans le métro, à la fac, ou dans mon lit le soir.

Faisiez-vous des fiches ? Si oui comment ?

J’avais besoin de faire pas mal de fiches, mais de manière extrêmement différente du lycée, et la manière de les réaliser changeait beaucoup selon les matières.
Pour les longs chapitres, je faisais des fiches avec les grands points du cours et les notions que je n’arrivais pas à retenir. Elles ne contenaient pas du tout l’intégralité du cours et n’étaient pas du tout suffisantes pour réviser, mais elles me permettaient de résumer et de voir en un seul coup d’oeil ce en quoi consistait le cours.

Il m’arrivait aussi souvent de faire des petits croquis ou dessins en anatomie ou en bio, qui étaient souvent bien plus compréhensibles qu’un pavé de texte.
Je faisais aussi des fiches avec les formules mathématiques, afin de les retrouver beaucoup plus facilement lorsque je m’entraînais et que j’avais oublié l’une d’entre elle, et ne pas perdre de temps à aller les chercher dans mon cours.

En SSH, j’avais aussi fait des fiches pour chaque chapitre avec tous les mots clés.

Avez-vous travaillé seul(e) ? En groupe ?

J’ai travaillé presque l’intégralité du temps en binôme avec ma colocataire. Pour retravailler nos notes, cela nous permettait de diviser la charge de travail par deux. On relisait aussi les cours du jour ensemble et on faisait également des QCM, car cela nous permettait de discuter de nos erreurs et de mieux se rendre compte des méthodes à appliquer.
Cela est beaucoup plus motivant que de travailler seul, et le fait de discuter des différents points de cours permet de mieux accentuer certains aspects, ou de mieux comprendre des éléments en essayant de les visualiser autrement.

Travailliez-vous à la bibliothèque de votre université ou chez vous ?

J’ai travaillé exclusivement chez moi. Il n’y avait jamais de place à la BU ou il fallait se lever très tôt pour les avoir, et il était beaucoup plus simple d’être chez nous pour travailler à deux. On avait ainsi tous nos cours à portée de main, et la possibilité de bouger comme on le souhaitait. C’était un cadre beaucoup plus agréable que celui de la BU et cela motivait d’avantage pour travailler.

Etiez-vous au tutorat de votre fac ou dans une prépa privée ? Pourquoi ? Que recommandez vous ?

J’étais inscrite dans une prépa privée, et cela m’a été très bénéfique. Le fait d’avoir des colles toutes les semaines permet de se tester sans arrêt, et les explications des conférenciers sont souvent beaucoup plus claires que celles des profs de la fac. Cela m’a permis d’avoir un suivi tout au long de l’année et aussi de se rassurer, d’avoir toujours quelqu’un pour vous aider.

Ma prépa était une petite structure, il y avait donc d’avantage un esprit d’entraide qui n’est pas forcément présent dans des structures plus grosses. Je recommande personnellement l’inscription dans une prépa car c’est une aide non négligeable par rapport à ceux qui n’en bénéficient pas, notamment en tant que primant, mais c’est un prix à payer. Si cela n’est pas possible, je conseille au moins le tutorat, beaucoup plus abordable, même si un peu moins complet.

Etiez-vous bien classé aux colles du tutorat et/ou de la prépa privée ?

J’ai toujours été assez bien classée aux colles de la prépa, ce qui s’avérait être assez encourageant. C’est un excellent moyen de se situer parmi les autres et de ne pas être dans le flou total avant les premiers partiels. Il faut tout de même savoir prendre du recul par rapport à ces résultats, la difficultés des colles pouvant être supérieure à celle des concours. Cela a toutefois été indispensable pour me rassurer et me dire que le travail effectué allait dans le bon sens.

Aviez-vous du retard dans vos cours ? Si oui, comment le gériez-vous ?

J’avais accumulé un peu de retard au premier quad, qui est beaucoup plus intense, mais j’avais réussi à le maintenir à un retard de quelques jours qui s’est donc rattrapé pendant la période de révisions. Pour le 2e quad, je n’avais pas du tout de retard, ma méthode étant beaucoup mieux rodée.

Quel était votre rythme de travail ?

Je ne me levais pas tôt le matin et ne me couchais pas tard le soir, préférant travailler la journée. Je faisais très peu de pauses, juste quand le besoin s’en ressentait et que je n’étais plus capable de me concentrer sur mes cours. C’était très variable selon les journées, je pouvais parfois passer plusieurs heures sans m’arrêter sur mes cours, alors que d’autres fois j’étais incapable d’avancer correctement.

Dans quel état d’esprit étiez-vous pour réussir ? Esprit compétition ? Altruiste ?

Je n’ai jamais eu l’esprit de compétition, et j’essayais d’aider au maximum. J’ai gardé contact avec un bon nombre de mes amis du lycée étant en PACES et j’ai travaillé avec pas mal d’entre eux. Je n’aime pas du tout cet esprit de concours et j’essayais d’aider au maximum tous ceux que je connaissais, car je souhaitais leur réussite à eux aussi. Je me suis surtout beaucoup entraidée avec ma binôme, avec un partage complet de la charge de travail et une confiance totale l’une envers l’autre.

Vous étiez plutôt stressé(e) ou plutôt décontracté(e) ?

Je suis de nature plutôt décontractée, mais cet année a quand même mis mon moral a rude épreuve. J’ai eu la chance d’être bien entourée par ma famille, mon copain, ma colocataire et mes amis. Après les résultats du premier quad, assez encourageants, j’étais beaucoup moins stressée puisque j’avais la possibilité d’y croire. Je n’ai jamais perdu espoir ni songé à arrêter, et j’ai appris à prendre du recul sur tout cela.

Quelle attitude aviez-vous en cours théorique ? Concentré(e) ou dispersé(e) ?

Hormis pour certains profs, j’étais très concentrée en cours. Je pense que c’est là que se joue la majeure partie de la compréhension et il était nécessaire pour moi de prendre en note tous mes cours, car j’intégrais mieux les différentes notions.

Comment preniez-vous vos cours ? Sur ordinateur ? Sur papier ? Avec un dictaphone ?

Je prenais quasiment tous mes cours sur ordinateur, j’ai donc appris à taper très rapidement. Je partageais souvent mes notes avec ma binôme afin d’avoir le cours le plus complet possible, et je m’aidais parfois d’un dictaphone, surtout en anatomie où je prenais le cours. Le dictaphone n’était pas indispensable étant donné que je disposais également des cours de la prépa, mais ça me permettais d’avoir un cours complet directement sans d’avoir à attendre que celui de la prépa soit rédigé.

Pour quelques matières, notamment les maths, je prenais les cours à la main, car taper des formules mathématiques sur ordinateur est une perte de temps. Ce n’est pas ce que je préférais mais c’était nécessaire pour certains cours.

En bio, j’allais en cours avec les cours de la corpo de l’année précédente et je surlignais pendant le cours. Les cours n’avaient pas beaucoup changé et même si je devais parfois annoter certaines choses, il n’était pas forcément nécessaire de retaper intégralement un cours.

Vous serviez-vous des annales pour réviser ?

J’ai surtout fait des QCM avec la prépa, mais je me suis aussi beaucoup servi des annales en période de révision pour toutes les matières. J’utilisais aussi régulièrement les annales de physique pour m’entraîner. C’était très important pour moi de pouvoir me tester avant ou après avoir révisé un cours, afin de me rendre compte des notions qui n’avaient pas été bien apprises et de pouvoir mieux les retravailler.

Comment était organisée votre journée ?

Je me levais vers 8 heures si je n’avais pas cours, vers 6 heures si j’avais cours le matin. J’allais en cours, l’après-midi au premier quad et le matin et second et je travaillais mes cours de la veille ou de la journée l’autre demie-journée. S’il me restait un peu de temps, je travaillais d’autres cours. Deux fois par semaine le soir, j’allais à la prépa pendant trois heures pour faire des QCM ou travailler des cours, de physique notamment. Les autres soirs, je travaillais chez moi. Je me couchais entre 22 heures et minuit selon l’heure à laquelle je devais me lever le lendemain.

Je rentrais chez moi tous les week-ends et je travaillais moins intensément ces jours là, mais ça me permettait de retrouver ma famille, ce dont j’avais besoin.

Quels seraient vos conseils pour les futurs étudiant(e)s en PACES ?

Je pense que la PACES est l’année qui nous permet d’apprendre le plus de nous-mêmes, et que c’est une expérience unique. L’important n’est pas de travailler en quantité mais en qualité, et de croire en soi. Mangez bien, dormez bien, voyez les personnes que vous aimez et tout ira bien. La partie la plus importante n’est pas le travail, mais l’état d’esprit que vous avez, et si vous voulez réaliser votre rêve, il n’y a pas de raison que vous ne vous donniez pas les moyens d’y arriver. Cela représente neuf mois en dehors du temps, mais ça passe vite une fois qu’on est dedans, et si vous donnez tout, vous n’avez pas de raison de regretter quoi que ce soit !

Qu’est ce qui vous a fait réussir selon vous, par rapport aux autres étudiants ?

Je pense que c’est avant tout la motivation. J’ai toujours voulu faire médecine, et je me suis rapidement rendue compte de la charge de travail que cette année allait représenter, mais chaque jour, je me rappelais ce qu’il y avait au bout et c’est ce qui m’a permis de ne rien lâcher. J’ai donné mon maximum et je savais que quelque que soit le résultat, j’aurais fait de mon mieux. Je ne me suis pas arrêtée à la difficulté et à la quantité de cours et j’ai juste essayé de faire du mieux que je pouvais en me remettant en question chaque fois que cela était nécessaire. J’ai eu la chance d’être soutenue dans les moments où ça n’allait pas ce qui m’a permise de mieux me relever et de ne jamais abandonner.

Pour terminer, comment avez-vous trouvé cette première année des études de santé ?

C’était une année difficile, et je suis contente qu’elle soit derrière moi, mais c’est passé extrêmement vite et ça a été vraiment très enrichissant. J’ai appris un tas de choses intéressantes, sur la médecine, mais surtout sur moi-même, je me suis rapprochée de ma famille et j’ai appris à me dépasser, à dépasser mes limites. Je suis heureuse de pouvoir continuer dans ce cursus car j’ai aimé ce que j’ai fait durant cette année, malgré la difficulté.

Que pensez-vous du site www.reussirmapaces.fr ?

J’ai beaucoup aimé découvrir ce site l’année dernière, juste avant d’entrer en PACES. Il est très bien construit et ça m’avait beaucoup rassuré de lire les différents témoignages. Je m’étais dit que, si un jour j’avais ma PACES, j’apporterais ma pierre à l’édifice, voilà qui est chose faite !

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2017-06-08T16:58:59+00:00 8 juin 2017|Categories: Les primants, Les témoignages, Lille, Médecine|0 commentaire