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Clarisse F, en 5ème année de Pharmacie à Nîmes nous parle de son parcours et du vécu de sa PACES

Quelle année était votre PACES, quel était son numerus clausus ?

2013 – 2014, Pharmacie 188, Médecine 209 pour 2609 étudiants (concours et cours communs avec Montpellier. 2609 étudiants en tout)

Votre bac, votre spécialité et votre mention ?

S, maths, TB

Obtention de la PACES en primant(e), doublant(e) ou triplant(e) ?

Doublant

Quel(s) concours avez-vous passé ? Votre classement dans les différentes filières ?

Primant : médecine ; Doublant : Pharmacie

Votre niveau au lycée ? Etiez-vous assidu ou dilettante ?

Assidue, sans excès

Lors de votre PACES, habitiez-vous chez vos parents ? Tout(e) seul(e) ? En colocation ?

En primant, chez mes parents. En doublant, seule.

Quelle était la durée de votre trajet fac – habitation ?

30 min en bus

Avez-vous trouvé vos repères facilement à la fac ?

Dans un sens, oui. Ce n’est pas grand, c’est même plus petit qu’un lycée. Il y a un amphi, une cafét, une BU, la corpo pour les polys. Mais dans un autre sens, non. J’avais une impression de vide, d’incertitude devant l’emploi du temps qui change toutes les semaines, le fait qu’il y ait quasiment un prof par cours, d’être placé dans un groupe pour les cours en amphi, tantôt le matin, tantôt l’après-midi (avec vérification des cartes étudiantes à l’entrée jusqu’en octobre). Jusqu’à début octobre aussi, la BU ferme à 18h (de quoi prendre énormément de retard quand on n’arrive pas à travailler chez soi). Pour ce qui est des amis, je ne connaissais personne (déménagement récent dans la région). Je me suis fait quelques connaissances à la prépa. On ne pouvait pas vraiment parler d’amitié. Les conversations ne tournaient qu’autour de la PACES. On n’avait rien d’autre à partager que notre quotidien, et encore ce n’était souvent pas sincère (quand je n’avais rien foutu du week-end, je ne le disais pas).

Avez-vous travaillé les cours l’été avant votre rentrée en PACES ? Pourquoi ?

J’ai fait un stage pré-U dans une prépa privée. Ce stage consistait à étudier les cours des deux ou trois premières semaines de CM. J’en suis repartie avec une fausse impression d’avance et un faux rythme de travail. En effet, pendant le stage, on n’avait cours que le matin et toute l’après-midi pour travailler. Or, pendant l’année, avec les TDs, le tuto et éventuellement la prépa, il reste beaucoup moins de temps.

Le stage du tuto que j’ai suivi en doublant me semble plus intéressant parce qu’il permet de survoler la quasi-totalité des cours du 1er quad, donc de se faire une vue d’ensemble très utile par la suite. En plus, le rapport qualité-prix est sans commune mesure avec ce qu’on peut trouver dans les prépas.

Pratiquiez-vous une activité physique en PACES ? Si oui, combien de temps/fois par jour/semaine ?

Non

Aviez-vous des loisirs ? Des sorties ?

Quand je ne travaillais pas (c’était fréquent, ça pouvait durer des journées, et même des semaines entières), je m’employais à des activités susceptibles de m’occuper suffisamment l’esprit pour ne pas penser au concours, au temps que je perdais, au retard que j’accumulais. En même temps, quand je ne faisais rien, je ne voulais pas que cela se voit trop. Donc les loisirs, oui, mais les sorties, non. Pour m’occuper, soit je lisais des bouquins (tout ce qui me tombait sous la main, pourvu que ce ne soit pas des cours), soit je surfais sur Internet (de loin l’activité la plus chronophage, et souvent ça n’apporte pas grand-chose).

En doublant, je me suis interdit tout livre et tout débordement sur Internet ; ça ne m’a pas pour autant empêché de trouver autre chose à faire pour ne pas travailler (dessins, origamis : il y a toujours de quoi s’occuper) Etaient-ce bien des loisirs que ces passe-temps ? Je n’en suis pas sûre, et en tous cas je n’en retirais pas beaucoup de satisfaction puisqu’ils impliquaient nécessairement le mensonge (je m’y prêtais en laissant croire à tout le monde que je travaillais).

Aviez-vous dans votre famille des médecins, dentistes ou pharmaciens ?

Non. D’ailleurs, même si tel avait été le cas, je ne pense pas que cela m’aurait été d’un grand secours. L’idéal, c’est d’avoir un frère/soeur/ami proche ayant passé le concours récemment dans la même fac. Ceci dit, le fait d’avoir de la famille dans le milieu médical permet peut-être d’acquérir une certaine culture de base dans ce domaine, qui me faisait défaut. Par exemple, je pouvais écrire « train cérébral » au lieu de « tronc cérébral ». Je faisais plein d’erreurs de ce genre en prise de notes. Il y a des choses que les profs trouvent évidentes et qui ne le sont pas pour tout le monde.

Combien d’heures de sommeil aviez-vous par nuit ?

C’était variable, mais généralement plutôt 6-7h par nuit, parfois un peu plus, parfois beaucoup moins. Par exemple, les nuits précédant le concours du premier quad ont toujours été pour moi des nuits blanches.

Combien d’heures travailliez-vous par jour ?

C’était très variable. Il y a eu des périodes où c’était proche de 0, même en doublant. En primant comme en doublant, je travaillais très peu le week-end et souvent même pas du tout. Au premier quad en doublant, de mi-août à mi-novembre, quand j’étais vraiment à fond, ça pouvait aller jusqu’à 8-10h par jour .(sans compter le temps passé en cours, TD, etc). Sinon, quand j’allais à la BU, c’était plutôt 5-6h

Quelle était votre méthode de travail pour l’apprentissage ?

J’en ai essayé plus d’une ! En arrivant en PACES, je croyais qu’il fallait tout apprendre par cœur, au mot pour mot comme un texte de théâtre. Trop perfectionniste, j’ai pris un retard phénoménal. Un mois plus tard, constatant l’inefficacité de ma méthode et la nécessité de rattraper le retard, j’ai dû me résoudre à travailler autrement. Je recopiais le plan détaillé de chaque poly, l’apprenais puis recopiais le reste. Ensuite, j’essayais de me refaire le cours. Je n’étais pas efficace car, pressée par le retard, je consacrais trop peu de temps à cette dernière étape.
J’avais l’impression d’oublier plus vite que ce que j’apprenais. Je passais des heures à la BU à recopier des polys et il ne m’en restait rien. Lorsque je n’étais pas à la BU, j’avais du mal à me mettre au travail et encore beaucoup plus à m’y maintenir.

Au 2ème quad, j’ai employé la méthode « transat » qui consiste à ne rien faire, avec pour résultat de devoir redoubler. Inutile de dire que je ne la conseille pas^^

En doublant, j’ai décidé de travailler différemment. Plutôt que de recopier des polys sur des brouillons destinés à la poubelle, je préférais écrire au propre en condensant au maximum. Mes cours, qui tenaient sur à peine quelques pages avec un plan visible et des couleurs, étaient beaucoup plus agréables à travailler que les épais polys décourageants. Il était aussi bien plus facile d’y retrouver rapidement des infos. Quand j’avais du temps, dans le bus par exemple, j’essayais de me rappeler les cours. Si un mot me revenait sans que j’arrive à le définir et à le placer dans un cours ou si une notion me manquait, il me suffisait de jeter un rapide coup d’oeil sur mes fiches. Elles tenaient toutes dans un fin classeur que j’avais toujours dans mon sac à main.

Au 2ème quad, plutôt que de recopier des polys au propre (ce qui m’avait pris beaucoup trop de temps au 1er quad), j’ai décidé de me passer carrément du poly. Je prenais des notes sans aucun support de base. Je n’imprimais le poly qu’après le cours, si nécessaire.
A la BU, je survolais le cours une première fois avant de lire plus attentivement en surlignant. Je faisais apparaître le plan et les points importants. Puis j’essayais de refaire le cours sur une feuille à part . Pour réviser, je n’avais pas de planning. Je m’interrogeais souvent et savais où étaient mes lacunes. Je travaillais en priorité les cours qui me faisaient le plus peur, ceux où je me sentais le moins au point. Cette méthode était la bonne, puisqu’elle m’a permis d’avoir un peu plus de 15 de moyenne au dernier semestre.

Faisiez-vous des fiches ? Si oui comment ?

En primant, il m’arrivait d’en faire, en UE1 surtout (pour les voies métaboliques, les AA, ce genre de choses). Je recopiais aussi les plans des cours sur des feuilles à part (en rajoutant les formules en UE3). Cela ne fonctionnait pas très bien parce que je les relisais peu.

Au 2ème quad en doublant, je ne m’en faisais que pour l’UE3, sur lesquelles j’écrivais le plan en noir, les formules en rouge, les définitions en vert, des schémas et indications pour comprendre en bleu. Sinon, comme je n’utilisais presque plus les polys (en UE6, 7 et spé), mes cours étaient assez condensés pour que je puisse les revoir rapidement. En amphi, je recopiais les diapos (cela avait l’avantage de me maintenir éveillée). Ce que j’obtenais n’était pas vraiment des fiches, mais quand même un peu : au lieu d’un poly de 30 pages, j’avais 2 feuilles de cours écrites à la main avec un plan visible.

Avez-vous travaillé seul(e) ? En groupe ?

Seule. Je comprends mal le concept de « travail en groupe » pour ce qui est de la PACES. « Travail côte à côte avec éventuellement des pauses en commun » serait plus approprié.

Travailliez-vous à la bibliothèque de votre université ou chez vous ?

A la BU de la fac pour mon 1er quad en primant et mon 2ème quad en doublant. Je savais que j’avais besoin de ce cadre. En primant, je n’aimais pas l’ambiance, l’atmosphère surchauffée, les groupes peu accueillants, l’impression de ne pas y être efficace.

En doublant, quand j’ai eu mon classement du 1er quad, je me suis dit qu’il se pouvait que je ne réussisse aucun concours. Cette perspective m’effrayait, donc au 2ème quad je me suis obligée à aller à la BU tous les jours. Il m’a fallu trouver des stratégies pour y survivre, pour ne pas m’en dégoûter. Voilà comment je procédais :

-Comme il faut avoir tous ses cours en permanence avec soi, mieux vaut éviter les énormes classeurs que l’on doit tenir à la main. Le moins on est chargé, le mieux c’est. J’avais opté pour des pochettes en carton de différentes couleurs, une par matière.

-J’avais deux sacs : un pour les cours et un pour la bouffe (avantage : on peut réserver sa place avec le sac de bouffe)

-Je m’étais trouvé un recoin tranquille au fond d’un couloir peu fréquenté, largement éclairé par une fenêtre. C’est là que je faisais mes pauses repas, goûter, et parfois même sieste ! La planque était sûre : personne ne m’y a jamais surprise. Les quelques amis que j’avais n’allaient pas toujours à la BU. Donc j’étais souvent seule et tout le monde sait que ce n’est pas agréable d’être seul dans des lieux de pause (cafét, hall, etc) au milieu de gens qui sont en groupe. C’est pour les PACES sans ami que j’écris. Cela ne doit pas vous empêcher d’aller à la BU. Si vous persévérez, vous finirez par trouver un relatif confort. C’est mieux à Montpellier où il y a plein de bibliothèques différentes ce qui permet de faire varier les lieux de travail et d’être vraiment anonyme.

-Quand j’étais vraiment lassée de la fac, j’allais me balader dans les environs.

Etiez-vous au tutorat de votre fac ou dans une prépa privée ? Pourquoi ? Que recommandez vous ?

En primant, dans une prépa privée. En doublant, au tutorat. La prépa privée a été une déception. On m’avait dit qu’il était impossible de réussir sans, mais tout là dedans me révoltait : le coût que cela représentait pour mes parents pour un résultat minime et la culpabilité qui s’ensuivait, l’esprit de compétition, les locaux minables, les horaires imposés, les profs faussement chaleureux, les conseils faussement personnalisés, le barème des colles plus sévère qu’au concours, l’ambiance tendue pendant les séances. A la fin des cours, tout le monde se précipitait pour poser ses questions mais déjà un autre groupe rentrait dans la salle pour la séance suivante.

En doublant j’étais au tutorat. J’y allais plutôt de 18h à 20h et j’ai beaucoup apprécié cette aide. L’ambiance était bonne, les étudiants osaient poser des questions, les tuteurs restaient parfois très longtemps à la fin pour répondre. Les colles étaient très régulières (jusqu’à une par semaine en UE2 et UE5 : autant -sinon plus- que dans les prépas). J’ai pris la prépa en UE7 uniquement, car pour cette UE il y avait beaucoup plus de colles à la prépa.

Les prépas peuvent être utiles dans certaines UE. Mais prendre une prépa pour tout me semble une grosse perte de temps et d’argent. Il faut faire le tuto, et si on trouve que c’est insuffisantdans une matière on peut toujours s’inscrire dans une prépa pour l’UE en question. Il y a toujours de la place dans les prépas pour toutes les UEs. Il ne faut pas s’inscrire trop vite en croyant que sinon tout sera complet.

Etiez-vous bien classé aux colles du tutorat et/ou de la prépa privée ?

En primant, j’ai très mal vécu les premières colles à la prépa, où j’étais à peine dans la première moitié. Au lycée, quand je ratais une interro, j’essayais de revoir les cours. En PACES, je n’avais pas le temps de les retravailler du fait de mon retard (ce retard était une idée fixe). Rapidement, j’ai dû faire des colles sur des cours que je n’avais pas appris avec les résultats que cela implique. Au bout d’un moment, lassée de faire les fonds de classement, j’ai arrêté d’aller aux colles.

En doublant, j’étais assidue aux colles du tutorat, où je me situais souvent vers la fin des premiers 20%, et pareil au concours blanc du 1er quad (malgré mon retard). Au concours qui a suivi, j’ai fini dans le premier quart (aux alentours de 600 sur 2600), donc c’était assez fidèle.

Aviez-vous du retard dans vos cours ? Si oui, comment le gériez-vous ?

J’ai toujours eu du retard (un peu moins au 2ème quad en doublant) et je l’ai souvent mal géré. Je voulais plus que tout le rattraper et cela me paralysait complètement. Je ne distinguais pas les priorités. Or l’accumulation de retard découle la plupart du temps d’une méthode de travail inadaptée. Avant de rattraper le retard, il faut d’abord s’assurer que l’on est capable de ne pas en prendre encore plus. Pour cela, il faut essayer de travailler les cours au fur et à mesure qu’ils se déroulent à la fac, comme si le retard n’existait pas. Il faut éviter de suivre le rythme des prépas, toujours rester calqué sur celui de la fac. On apprend nettement mieux un cours quand on vient de l’entendre que 2 semaines après. On peut rattraper du retard quand il reste du temps, le week-end ou pendant les révisions.

Quand on rattrape du retard, le tout est de se fixer des objectifs raisonnables. Avec un mois de retard dans une UE, on n’arrivera pas en une semaine à apprendre les cours manquants + faire les TDs + d’autres QCM. D’autre part, il est très important de réviser ce que l’on a appris, car à trop vouloir rattraper le retard on finit par négliger ses acquis, ce qui est vraiment bête. Si le retard est trop important et/ou s’il reste trop peu de temps, on ne pourra pas le combler. Il est alors utile de survoler les cours en retard pour s’en faire une idée générale, mais pas plus.

En fait, la seule chose qui importe est de ne pas perdre du temps et des points bêtement. Il est important de bien connaître les coefficients de chaque UE, les barèmes de notation, le type de QCM posé par chaque prof. Pour cela, les TD sont des sources de renseignements précieuses. Si l’on n’a pas le temps de les faire, il est tout de même fort judicieux de les lire.
Il ne faut pas croire les profs qui vous disent que cela ne sert à rien de venir en TD ou à la prépa sans avoir préparé la séance. Bien au contraire : si vous êtes à la bourre, ne vous privez surtout pas de cette aide ! Allez-y et notez toutes les corrections que vous entendez. Surlignez les infos importantes : vous saurez au moins cela (et parfois c’est tout ce qu’il y a à savoir).
D’autre part, il peut être utile de se procurer auprès de son parrain/marraine du tuto ou d’un tuteur quelconque les sujets de concours des deux années précédentes.

Quel était votre rythme de travail ?

Pas vraiment de rythme, ça a beaucoup varié.

Dans quel état d’esprit étiez-vous pour réussir ? Esprit compétition ? Altruiste ?

Ni compétitive, ni altruiste (personne ne me demandait mon aide), j’étais surtout très surprise. Quand je parlais avec les autres PACES, à la prépa ou au tuto, j’avais le sentiment de ne pas être dans le même délire. C’est étonnant de voir tant de gens qui selon toute évidence n’ont jamais été sérieux au lycée se mettre à comparer leurs classements, leur temps de travail, à se vanter de leurs notes, à poser des questions sur de tous petits détails pour montrer leur maîtrise du cours. Au lycée où j’étais plutôt forte, jamais je ne me serais permis de faire ça. J’ai trouvé ce stakhanovisme vraiment stupéfiant. En réaction, j’ai adopté une attitude très désinvolte.

Vous étiez plutôt stressé(e) ou plutôt décontracté(e) ?

Le problème ne se posait pas en ces termes. J’étais flemmarde, c’est tout.

Quelle attitude aviez-vous en cours théorique ? Concentré(e) ou dispersé(e) ?

En amphi, j’essayais d’être le plus attentive possible. Mais quand on a le poly, on a tendance à lâcher. Je préfère prendre des notes de façon classique. En vidéo, je notais en détail les explications du prof (en faisant « pause » et « retour en arrière »). Ce n’était pas une perte de temps, puisque cela me permettait de comprendre rapidement. La vidéo finie, j’étais capable de résumer le cours, ce qui n’était pas forcément le cas en sortant de l’amphi. Par contre, en vidéo, il faut rester concentré et éviter d’aller vagabonder sur Internet. Dans mon cas, ça n’a pas été possible.

Comment preniez-vous vos cours ? Sur ordinateur ? Sur papier ? Avec un dictaphone ?

Je suis plus à l’aise avec un stylo qu’avec un clavier (schémas, flèches, etc) donc toujours sur papier. J’utilisais les polys, et quand c’était possible (2nd quad), je prenais des notes à la main.

Vous serviez-vous des annales pour réviser ?

Ah, ces fameuses annales ! Il se disait qu’on pouvait les trouver à la BU : à Nîmes je ne les ai jamais vues. C’est en 2ème année que j’ai résolu ce mystère : on les trouve au magasin Sauramps médical de Montpellier et nulle part ailleurs (encore une pénalité pour les nîmois !). De toutes manières, si on arrive au concours en ayant réussi à faire tous les TDs et toutes les séances du tuto (ce qui était loin d’être mon cas), je pense que cela suffit pour avoir un très bon classement.

Comment était organisée votre journée ?

Le seul moment où j’ai eu vraiment des «journées types», c’est au 2ème quad doublante, quand j’allais tous les jours à la BU. En gros, ça ressemblait à ça :

Le matin, j’allais en cours en amphi. La BU n’ouvrait qu’à 9h, donc à la pause j’y allais pour réserver ma place. Pour cela, je disposais en vrac à l’endroit convoité une veste, des stylos, des polys, et mon sac de bouffe. Puis je retournais en amphi jusqu’à 12h. Une fois les cours finis, je revenais à la BU pour mettre mes cours en forme et remplir les trous (pour les cours où je n’utilisais pas de poly). Cette tâche accomplie, j’allais manger. Je retournais travailler à la BU jusqu’à environ 17-18h (selon l’avancement des cours) où je faisais une pause goûter puis je travaillais encore jusqu’à environ 20h, heure à laquelle je quittais la BU. Parfois, j’allais au tuto de 18h à 20h.

Quels seraient vos conseils pour les futurs étudiant(e)s en PACES ?

Dans tous les cas, ne jamais se laisser décourager, ni par les résultats aux colles (ou résultats tout court d’ailleurs), ni par les autres. Il y a toujours des solutions aux problèmes (mauvais travail chez soi → BU ; marre des polys → imprimante ou prise de notes, etc). Ne pas se dire que l’on manque de volonté : chercher des solutions pratiques. Si l’on passe une journée sans travailler alors que l’on avait prévu de le faire, ne pas se dire qu’on s’y mettra le lendemain sans changer les conditions. Il faut essayer plein de choses (fiches, polys, vidéos, imprimante couleur, BU, etc) jusqu’à ce que l’on arrive à travailler en ayant l’impression d’avancer.

Il ne faut pas trop lire de témoignages sur Internet, ni rêver aux classements que l’on pourrait avoir, ni faire de pronostics. La réussite est liée au travail, c’est tout. Il faut travailler, et si on n’y arrive pas, c’est qu’on n’a pas la bonne méthode ou qu’on est trop perfectionniste (le « tout par coeur » est une bêtise!)

Les bons élèves déjà travailleurs au lycée savent quelle méthode leur convient. Il leur faudra juste accepter de ne pas comprendre certains détails. Les profs vont très vite et il n’y a pas le temps d’approfondir. Je me souviens par exemple avoir passé des heures à essayer de comprendre ce qu’était l’ « ikebana » dans la méiose, mais ça ne servait à rien ! Il n’y a pas le temps d’approfondir. Tout l’enjeu est de se faire une vision globale de mécanismes biologiques décrits de façon beaucoup trop détaillée. Toujours se demander l’intérêt de chaque notion, et toujours savoir à quelle échelle (organe ? cellule ? molécules ? atomes ?) et où (cytosol ? noyau ? en extracellulaire ?) on se situe . Les profs ne font rien pour simplifier, pourtant beaucoup de choses sont très simples.

Qu’est ce qui vous a fait réussir selon vous, par rapport aux autres étudiants ?

Ça dépend par rapport auxquels ! Il y en a quand même un certain nombre qui ont mieux réussi que moi^^ Sinon, l’UE7 qui m’a fait énormément remonter.

(Doublant uniquement) Qu’est ce qui a contribué selon vous, à votre redoublement ? Quels enseignements en avez-vous tiré pour in fine, réussir ?

Mon redoublement est dû au fait que je considérais trop la PACES comme une année où l’on ne peut rien se permettre d’autre que travailler. Or, ce n’est pas tenable. Je croyais qu’il fallait apprendre par cœur. En fait, si c’est vrai qu’il faut retenir une grande quantité de détails, le par cœur n’est absolument pas obligatoire.

Pour terminer, comment avez-vous trouvé cette première année des études de santé ?

Il y a beaucoup de gens chez qui la PACES ne produit pas le travail et la réussite, mais le découragement, la flemmardise et l’échec. C’est tout ce que je peux en dire. J’ai pu m’en tirer grâce au soutien de ma famille et à mes bons résultats au lycée qui m’ont permis de garder un reste de confiance en mes capacités. Tout le monde n’a pas cette chance et c’est très dommage.

La PACES m’a appris ce qu’était le travail à la fac (surligner les cours au fur et à mesure, savoir ce que le prof attend, apprendre sans chercher à tout comprendre, ne pas s’encombrer la mémoire, la remplir au moment voulu). Avec la PACES, j’ai définitivement perdu la capacité à travailler hors des bibliothèques (sauf les veilles de partiels).

Quand est venu pour moi le moment d’aborder le concours de l’internat en pharmacie, je l’ai pris de façon très différente. Mon but était seulement de maîtriser le programme du mieux que je pouvais sans impasse et à côté de ça je me suis permis d’avoir une vie (pas de révisions le soir et certains jours, travail d’été en officine). J’ai été assidue aux conférences (l’équivalent du tuto) même si la plupart du temps je ne les préparais pas. Et j’ai eu ce concours à la 1ère tentative. Il est vrai que c’était un peu différent : les 2/3 des épreuves étaient rédactionnelles, le taux de réussite était plus élevé et je savais que même en cas d’échec je serais toujours pharmacienne. Mais je pense que pour tous les concours, la règle est la même : essayer de connaître le programme au mieux tout en ne se mettant pas la pression.

Que pensez-vous du site www.reussirmapaces.fr ?

Je ne suis pas sûre que les témoignages reflètent le vécu de la plupart des étudiants. Ils sont plus nombreux qu’on le croit à passer les premiers mois à travailler et tout le reste à glander sur leur ordi, à se lever tard, etc…Les témoignages de PACES ayant échoué ou s’étant réorientés manquent. Ceci dit, c’est une très bonne initiative !

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