Actuellement, dans quelle filière êtes-vous et en quelle année ?
Médecine 2ème année

Quelle fac, quelle année, quel numerus clausus ?
Caen, 2015/2016, 200 places en médecine

Votre bac ? Votre spécialité ? Votre mention ?
Bac S, spécialité SVT, mention Bien

Obtention de la PACES en primant(e), doublant(e) ou triplant(e) ?
Triplante

Quel(s) concours avez-vous passé ? Votre classement dans les différentes filières ?
122 en médecine, 27 en pharmacie

Votre niveau au lycée ? Etiez-vous assidu ou dilettante ?
Assidue, je travaillais beaucoup la semaine pour être plus tranquille le week-end

Lors de votre PACES, habitiez-vous chez vos parents ? Tout(e) seul(e) ? En colocation ?
Les deux premières années seule en résidence universitaire, la troisième seule en appartement

Quelle était la durée de votre trajet fac – habitation ?
5-10min en tram

Avez-vous trouvé vos repères facilement à la fac ?
Oui assez facilement, le stage préparatoire que dispense le tutorat de ma fac permet de découvrir l’enceinte des amphis, la cafet, etc.. Je l’ai fait seulement pour ma première année, mais les nouveaux PACES sont vraiment bien encadrés et guidés.
De plus, ma fac est toute neuve, vraiment très moderne et pratique pour se repérer contrairement à avant où nous étions répartis sur plusieurs campus, dans des amphis assez éloignés.

Avez-vous travaillé les cours l’été avant votre rentrée en PACES ? Pourquoi ?
Pour ma première année, je n’avais pas conscience de la charge de travail qui m’attendait et je n’ai fait que la moitié du stage préparatoire. Je pense qu’on peut dire que je n’ai pas du tout préparé ma première PACES et ça a été une grosse erreur, j’ai eu beaucoup de mal par la suite à trouver ma méthode de travail qui est finalement arrivée l’année d’après. Du coup, malgré mon acharnement pour m’améliorer, ça a été un peu une année dans le vide.

Pour ma seconde année, j’ai travaillé les matières où j’avais le plus de difficultés (biophysique, biochimie, biologie moléculaire) durant l’été. C’était assez difficile de s’y mettre et je ne suis pas sure que cela m’ait beaucoup servi. Malgré tout, ça permet de se remettre en selle et de ne pas oublier que le plus dur reste à venir.

Pour ma troisième année, j’avais décidé de revoir tout le premier semestre durant l’été, et je pense que je n’en ai même pas fait la moitié. La surcharge psychologique que tripler apporte a beaucoup influé sur ma motivation à travailler pendant les vacances. J’avais vraiment bien travaillé mon S1 en doublante, du coup cela ne m’a pas porté préjudice.

Pratiquiez-vous une activité physique en PACES ? Si oui, combien de temps/fois par jour/semaine ?
Non, je n’ai jamais été quelqu’un de sportif, alors réserver un créneau pour cela me paraissait impossible. Pourtant, je pense que c’est vraiment une bonne chose de pratiquer une activité physique à côté, car cela permet d’évacuer le stress accumulé. Parfois, je me sentais tellement oppressée à la fin de la journée que j’aurais voulu aller courir mais je n’habitais malheureusement pas dans un quartier qui me permettait de le faire en confiance…

Aviez-vous des loisirs ? Des sorties ?
Je faisais des soirées étudiantes de temps en temps les deux premières années, mais lors de la troisième je me suis focalisée exclusivement sur mon travail, et les seules sorties que je faisais étaient le soir lorsque j’avais fini ma journée de travail et le week-end pour aller passer du temps chez mon copain où j’avais une pièce où je pouvais continuer à bosser.

Aviez-vous dans votre famille des médecins, dentistes ou pharmaciens ?
Mes grands-oncles étaient médecin et pharmacien, mais je n’en ai jamais été proche.

Combien d’heures de sommeil aviez-vous par nuit ?
La première année, je dormais environ 7 heures par nuit, je finissais de travailler assez tôt puisque je n’avais aucune méthode de travail.

La seconde année, je dormais très peu, car je suis quelqu’un qui travaille mieux de nuit que de jour, par conséquent je pouvais rester à la salle de travail de ma résidence jusqu’à 3-4h du matin sans problème. Mais, j’essayais d’aller au maximum en cours, donc je me levais vers 8h quand c’était possible. Du coup, je dirais qu’en moyenne je devais dormir 5 heures, 6 quand j’avais de la chance.

La troisième année, je faisais plus attention à mon sommeil et puisque je connaissais déjà plus ou moins mes cours, j’avais un peu moins de travail que les autres années. Je dormais donc 7 à 8 heures par nuit, et ça m’a permis de me rendre compte qu’il est vraiment important de ne pas oublier son sommeil, car même si on ne termine pas son programme de la journée, on sera plus efficace le lendemain pour le rattraper et réviser correctement toute la journée.

Combien d’heures travailliez-vous par jour ?
Mes journées commençaient à 8h30 et se terminaient à 22h45, à la fermeture de la BU. Parfois, quand je rentrais je continuais à travailler mais jamais plus d’une heure.
Le week-end, je travaillais souvent jusqu’à 1h du matin minimum, parfois plus.

Je faisais des pauses déjeuners d’environ 30 minutes, et pas mal de petites pauses téléphone dans la journée (pas une très bonne idée).

Je travaillais donc environ 12 heures par jour, et cela pouvait aller jusqu’à 15 heures.

Quelle était votre méthode de travail pour l’apprentissage ?(Soyez le plus précis)
J’avais mes cours en polycopiés, donc la première fois, je les lisais et surlignais en même temps:
– en rose les termes très importants,
– en orange et jaune les informations à retenir (orange était plus rare, c’était les informations vraiment indispensables),
– en vert les chiffres (pourcentages, dates, etc),
– en bleu les noms de personnes,
– en violet lorsque j’avais besoin d’un autre code couleur (par exemple, en anatomie je surlignais les muscles en rose, leurs insertions en jaune, les nerfs en bleu, et les ligaments en violet).
De cette façon, cela me permettait de repérer facilement l’information recherchée, et surtout pour une personne comme moi qui dispose d’une mémoire plus photographique, cela permet d’imprimer en quelques sortes son cours dans sa tête, et de se repérer en fonction de comment il est organisé, se le recréer mentalement.

Je pouvais passer 3 à 4 heures sur un même cours au premier apprentissage pour être sure de l’avoir bien compris, car après c’est beaucoup plus rapide et simple de le revoir. Puis, je faisais entièrement les annales qui se rapportent au cours appris, en notant sur un post-it tous les pièges dans lesquels je tombais, et les informations qui me paraissaient ne pas apparaitre dans le cours. Je collais le post-it à la fin de mon polycopié, et lorsque je n’avais pas le temps de revoir le cours en entier, alors je relisais au moins le post-it.

Ensuite, je revoyais quelques jours voire semaines plus tard les cours pour lesquels j’avais vraiment du mal. Sinon, j’attendais la colle que nous préparait le tutorat pour revoir une matière entièrement. C’est souvent déconseillé mais moi je trouve que ça nous force à revoir nos vieux cours régulièrement, et je préfère refaire toute une matière d’un coup.
Après la colle qui était le lundi, la correction sortait le soir même et je corrigeais directement mes réponses, afin de voir mes erreurs et je les reportais sur une feuille que je conservais comme une fiche.

Avant les concours, je tentais de revoir minimum 2 fois le programme entier, en refaisant tous les exercices possibles. Pour chaque cours, je tenais une fiche où je notais toutes les informations que j’estimais ne pas connaitre, et je relisais cette fiche la veille de l’épreuve.

Faisiez-vous des fiches ? Si oui comment ?
Je faisais très peu de fiches, hormis pour les acides aminés, la biophysique et les biostatistiques. Je n’étais pas très douée pour récapituler un cours et je finissais toujours par réécrire tout le cours sur ma fiche, donc c’était une perte de temps et inutile.
En revanche, comme je l’ai dit plus tôt, je faisais des fiches avant les concours où je marquais seulement les informations que je ne connaissais toujours pas, même après avoir revu plusieurs fois ce cours.

Avez-vous travaillé seul(e) ? En groupe ?
Je travaillais souvent seule, parfois à mon appartement dans mon lit, parfois à la BU ou dans les salles banalisées pour les révisions. Cela changeait suivant mon humeur le matin en me levant, je ne décidais jamais à l’avance.
Il m’arrivait de travailler à la même table que des amis, mais je pense que là où je révisais le mieux, c’était à mon appartement.

Travailliez-vous à la bibliothèque de votre université ou chez vous ?
Comme je l’ai dit, cela dépendait de mon humeur. J’ai une maladie qui peut me clouer au lit un jour, et me permettre de sortir le lendemain, je ne peux pas savoir à l’avance. Mais quand il était possible pour moi de sortir, je préférais travailler dans mon lit le matin, et aller à la BU tout le reste de la journée jusqu’à la fermeture le soir.

Etiez-vous au tutorat de votre fac ou dans une prépa privée ? Pourquoi ? Que recommandez vous ?
J’ai fait une prépa privée lors de ma seconde année, je ne regrette pas, bien que ce soit quelque chose que j’aimerais voir disparaitre.

Je m’explique, cela m’a apporté ma méthode de travail, facilite vraiment la vie, mais coûte vraiment très cher et impose une sélection financière. Je ne trouve pas normal qu’il soit nécessaire de se ruiner ou de faire dépenser des milliers à ses parents pour avoir son année pendant que d’autres restent impuissants face à ça car ils n’auront jamais les moyens. J’avais heureusement fait des économies pour me payer le permis et ma famille s’est cotisée pour compléter le montant restant.

Aujourd’hui, le tutorat de Caen ne cesse de s’améliorer, ils proposent des polycopiés de cours vraiment bien faits, des armatures encadrées où les PACES peuvent s’entrainer aux QCM. Lorsque j’ai adhéré à la prépa privée, il n’y avait pas de cours d’aussi bonne qualité au tutorat, pour avoir travaillé avec à ma première année. Je pense qu’il est fort probable maintenant d’avoir son année grâce au tutorat, à Caen tout du moins. Cela dépend de la méthode de chacun.

Etiez-vous bien classé aux colles du tutorat et/ou de la prépa privée ?
A ma première année pas du tout (500/800 généralement) hormis en Santé Société Humanité et en Médicaments où j’étais dans le numérus.

A ma seconde année, j’ai énormément remonté, je faisais presque que des top 100 au tutorat, si bien que même au concours blanc lorsque je n’avais pas révisé j’ai fini dans le numérus au classement général.
A la prépa privée, je n’y faisais pas trop attention mais j’étais souvent dans le premier tiers.

A ma troisième année, au S1 je finissais principalement dans les 50 premiers, et au S2 dans les 10 premiers.

Aviez-vous du retard dans vos cours ? Si oui, comment le gériez-vous ?
A ma seconde année oui beaucoup, car je surlignais mes polycopiés et mine de rien, cela me prenait du temps. Je ne me pressais pas pour autant, je préférais faire correctement mes cours et empiéter un peu sur la période de révisions pour finir de tout réviser.

A ma troisième année, j’avais peu de retard, j’étais organisée, et j’avais déjà effectué la phase surlignage et compréhension l’année d’avant alors ça allait plutôt vite. Du coup, j’en profitais pour faire les annales entières à la fin de chaque cours.

Quel était votre rythme de travail ?
J’avais des pics de travail où j’éteignais mon téléphone et m’y mettais à fond, et d’autres jours où j’étais pas du tout productive. Je n’avais vraiment pas de rythme de travail à ma troisième année, j’étais tellement fatiguée psychologiquement de la PACES que je ne voulais pas me surmener et risquer un burn-out.
Je me forçais à travailler tout le temps car sinon je culpabilisais, mais parfois ça ne voulait pas et j’attendais que ça revienne.

Dans quel état d’esprit étiez-vous pour réussir ? Esprit compétition ? Altruiste ?
Je suppose que j’étais un peu dans l’esprit de compétition que ce soit envers mes amis comme envers les inconnus.J’étais heureuse de voir que je pouvais être meilleure que 1000 personnes aux premières colles, et même aux résultats du S1 où j’ai fait 69ème. Cela renforce la confiance en soi, et moi ça me motivait encore plus pour réviser!

Mais, je trouve qu’il est important de se soutenir avec ses amis, se donner des conseils, les informations que l’un a pu rater, etc… On n’est pas obligé de penser à tout tout le temps et c’est assez rassurant de savoir que si l’on ne comprend pas quelque chose, ou si nous avons loupé tel cours, quelqu’un pourra nous aider à rattraper ça.

Vous étiez plutôt stressé(e) ou plutôt décontracté(e) ?
J’étais stressée, car de base je suis une personne angoissée continuellement, et je n’avais plus confiance en mes capacités après l’échec de ma première année. Mais ce n’est pas une si mauvaise chose car le stress, quand il n’est pas extrême, peut pousser à travailler toujours plus.

Quelle attitude aviez-vous en cours théorique ? Concentré(e) ou dispersé(e) ?
J’allais en cours seulement à ma deuxième année, j’étais concentrée et j’essayais de copier tout ce que le prof disait, car cela me permettait de ne pas décrocher.

Comment preniez-vous vos cours ? Sur ordinateur ? Sur papier ? Avec un dictaphone ?
Je prenais mes cours sur ordinateur, parfois avec un dictaphone en plus comme pour les cours de SHS où il n’y avait pas de diapo et plein di’nformations à entendre en très peu de temps.

Vous serviez-vous des annales pour réviser ?
Oui, c’est essentiel pour vérifier si l’on a bien compris le cours, et se préparer au concours, d’autant plus qu’elles sont parfois reccurentes d’une année à l’autre!
Une fois le cours connu, l’essentiel est pour moi de s’entrainer au maximum.

Comment était organisée votre journée ?
Je me levais vers 8h-8h30, je révisais dans mon lit jusqu’à 11h, puis j’allais me doucher.
Je mangeais parfois à mon appartement pour éviter de payer 3€25 de sandwich tout les midis, puis je partais à la BU où je me mettais souvent sur une table (parfois sur les canapés, quand j’étais pas très bien physiquement). Je travaillais jusqu’à environ 16-17h où je faisais une pause, puis une autre pause à 19h pour manger à la cafet.
Je repartais en tram à 22h45 chez moi, puis je révisais parfois une heure avant de me coucher vers minuit.

Quels seraient vos conseils pour les futurs étudiant(e)s en PACES ?
Il ne faut pas partir victorieux ni défaitiste, c’est une année difficile qui vous attend mais il y a plein de moyens pour la surmonter et la réussir.
Il ne faut jamais lacher prise, même lorsqu’on est à bout car la déception lorsqu’on voit que l’on y était presque est encore plus horrible que le sentiment de surmenage.
Ce sont beaucoup de cours intéressants qui sont dispensés, il faut être curieux et avoir envie de les découvrir, de les comprendre. Ne pas hésiter à poser des questions aux professeurs, aux tuteurs, à ses amis. Compter sur le soutien de ses proches lorsqu’il y en a car c’est un combat qu’il est difficile de mener seul.

Ca parait long, mais ça passe très vite (on s’en rend compte lorsque les premiers concours arrivent!).
Restez motivés, le travail paye souvent!

Qu’est ce qui vous a fait réussir selon vous, par rapport aux autres étudiants ?
Je pense que la prépa privée m’a beaucoup aidée, et que j’ai des facilités d’apprentissage.
Je n’ai jamais voulu faire l’impasse sur quoi que ce soit, et j’ai reçu beaucoup d’aide extérieure (courses, trajets etc) cette année qui me permettait de gagner du temps sur mon travail et de ne pas penser à organiser ces choses indispensables de la vie quotidienne.
Je suis quelqu’un de très motivée, qui n’abandonne jamais ses objectifs avant que ce soit complètement fichu, et c’est pour cela que j’ai pris le courage de tripler.

(Doublant uniquement) Qu’est ce qui a contribué selon vous, à votre redoublement ? Quels enseignements en avez-vous tiré pour in fine, réussir ?
Je n’avais pas ma méthode de travail en primante, tout simplement. J’avais les capacités mais impossible de les exploiter…
Je retiens qu’il faut prendre tout ce que l’on nous offre pour réussir (stage préparatoire par exemple) peu importe ce que cela nous pousse à sacrifier, si l’on veut vraiment sa PACES, il faut être prêt à beaucoup de concessions mais pour au final avoir une superbe récompense.

Pour terminer, comment avez-vous trouvé cette première année des études de santé ?
Stressante, horrible moralement, j’ai de nombreuses fois cru être à bout et chaque fois j’ai redoublé de courage pour maintenir la tête hors de l’eau.C’est super éprouvant et c’est un peu l’ascenceur émotionnel, un jour on se dit « je vais l’avoir!! » et le lendemain « je n’y arriverai jamais ».

Je l’ai trouvé malgré tout très intéressante, et elle m’a conforté dans mon choix de faire des études de médecine. Les profs savent nous transmettre leur savoir (la plupart du temps) et nous donner envie de poursuivre.

Que pensez-vous du site www.reussirmapaces.fr ?
Je pense que c’est une très bonne initiative d’avoir créé un site comme celui-ci, cela permet aux personnes hésitantes ou décidées de s’informer sur ce qu’elles s’apprêtent à vivre.
Dans de nombreux cas, les témoignages peuvent rassurer les PACES (moi-même lorsque j’en lisais je retrouvais un peu de courage).
Au final, il y a tellement de façons différentes de vivre cette année, les regrouper et faire une synthèse des meilleures méthodes, astuces, etc c’est top. Je n’ai pas lu le livre personnellement, mais le site est reconnu et pas seulement par les élèves, et en le parcourant on voit qu’il est à la hauteur de sa réputation!

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