Actuellement, dans quelle filière êtes-vous et en quelle année ?
Médecine 2ème année

Quelle fac, quelle année, quel numerus clausus ?
Faculté de Marseille, promo 2013/2014, NC de médecine 315.

Votre bac ? Votre spécialité ? Votre mention ?
Bac S, Spé SVT, mention Bien

Obtention de la PACES en primant(e), doublant(e) ou triplant(e) ?
Primante

Quel(s) concours avez vous passé ? Votre classement dans les différentes filières ?
Uniquement médecine, 107/2400

Votre niveau au lycée ? Etiez vous assidu ou dilettante ?
Plus dilettante qu’assidue, je travaillais assez pour avoir de bonnes notes sans forcer.

Lors de votre PACES, habitiez vous chez vos parents ? Tout(e) seul(e) ? En colocation ?
J’habitais dans un appartement à coté de la fac en colocation avec une amie en PACES également, et je rentrais tous les week-end chez mes parents (1h de route).

Quelle était la durée de votre trajet fac – habitation ?
De l’ascenseur à l’amphi, à peine 10 minutes à pied.

Avez vous trouvé vos repères facilement à la fac ?
Beaucoup plus facilement que je ne le pensais. Ce n’est pas compliqué : on arrive dans l’amphi, on suit le cours, et on rentre. L’ambiance, le monde, on s’y habitue très rapidement. Pour l’administratif, la fac a un site internet assez bordélique au premier abord mais tout y est (emplois du temps, changements de cours, plan de la fac…).

D’autant que beaucoup de « mythes » se sont révélés infondés, en tout cas à Marseille : les gens rencontrés en amphi sont sympas (je ne dis pas qu’il faut faire confiance au premier venu, mais il n’est pas interdit de se sociabiliser en première année 😉 j’ai même sympathisé avec mes voisins le jour du concours, c’est pour dire), les doublants ne perturbent pas le cours même dans les amphis où il est retransmis, bref, rien de bien méchant !

Avez vous travaillé les cours l’été avant votre rentrée en PACES ? Pourquoi ?
Mon écurie m’avait conseillé de ne pas le faire, et j’ai suivi ce conseil. Je ne le regrette pas du tout, il vaut mieux profiter à fond de son été pour arriver gonflé à bloc le premier semestre.

Pratiquiez vous une activité physique en PACES ? Si oui, combien de temps/fois par jour/semaine ?
Non, pas d’activité physique régulière.

Aviez vous des loisirs ? Des sorties ?
Il est généralement conseillé de prendre une soirée libre dans la semaine. Pour ma part je la mettais à profit pour regarder un film ou une série.

Lorsque j’avais le temps, j’échangeais cette soirée avec une séance d’équitation (qui est ma passion, mais dans l’idée vous pouvez la remplacer par les vôtres) qui me prenait à peu près 2h dans un après-midi du week-end. C’était très bénéfique pour moi, mais à l’approche du concours ce n’était plus possible niveau gestion du temps.

Dans l’ensemble, quand on dit qu’il faut faire des sacrifices pendant la PACES, c’est surtout au niveau des loisirs qu’il faut l’entendre, du moins c’est comme ça que je l’ai vécu.

Aviez vous dans votre famille des médecins, dentistes ou pharmaciens ?
Pas du tout.

Combien d’heures de sommeil aviez vous par nuit ?
Le sommeil est très important, j’avais facilement 8h de sommeil par nuit, un peu plus le week-end. Fatigué, on est facilement de mauvaise humeur et pas assez efficace tout au long de la journée, il faut vraiment bien dormir, c’est un GAIN de temps et de moral réel.

Combien d’heures travailliez vous par jour ?
Environ 7h de travail personnel, en plus des cours. Mais l’efficacité ne se mesure pas en heures de travail, il faut bien comprendre ça ! Tout dépend de votre méthode, de votre organisation, de votre hygiène de vie (notamment le sommeil, j’insiste), de votre concentration, etc… Certains peuvent avoir besoin de beaucoup moins (plus rares), d’autres un peu plus. Je pense que j’ai fait un bon compromis en terme d’heures de travail 🙂

Quelle était votre méthode de travail pour l’apprentissage ?(Soyez le plus précis)
On va certainement vous le répéter une centaine de fois, mais il n’y a pas UNE méthode pour réussir, chacun a la sienne.

Je vais essayer de vous expliquer ça de manière structurée en prenant l’exemple d’un cours.

ÉTAPE 1 – MISE EN PAGE:
Comme je les prenais sur ordinateur, il fallait d’abord faire la mise en page (équivalent du stabilotage pour les calligraphes). Étant extrêmement visuelle, c’était primordial car je structurais bien le cours en parties, mettais en valeur ce qui était important, faisais un truc joli pour que ce soit agréable à relire…
Je le lisais en même temps pour commencer à le comprendre voire à l’apprendre si c’était un cours facile. Puis j’imprimais.

ÉTAPE 2 – VISION :
C’est à dire la première fois que l’on travaille son cours. Déjà, il ne faut pas partir dans l’idée d’apprendre tout par cœur et de tout réciter mot à mot. Pour retenir, il faut COMPRENDRE, ce qui n’a pas été un problème majeur pour au moins 2/3 des cours.
Pour le tiers restant, soit ça demande plus de réflexion, soit ça vient un jour à force de les revoir ou en demandant à un tuteur. Bien sûr, il faut aussi pas mal apprendre bêtement, mais ça c’est dans un deuxième temps.

Généralement, lire le cours, à voix haute pour me concentrer, me suffisait une fois que je l’avais compris. Ensuite, pour vraiment le retenir, il fallait que le revois régulièrement. C’est dans la répétition que j’apprenais un cours, pas en m’acharnant dessus.
Attention, c’est la vision qui conditionne les révisions (notamment le temps qu’elles prennent, l’attrait du cours…), il faut éviter de la bâcler.

ÉTAPE 3 – RÉVISION DU LENDEMAIN :
Une fois ma vision des cours du jour finie, je révisais (= lisais dans mon cas) les cours de la veille. C’était également le bon moment pour faire des QCMs, qui m’aidaient à voir les pièges, ce que je n’avais pas retenu et à « fixer » les infos dans ma tête.

ÉTAPE 4 – RÉVISION DU WEEK-END :
Le samedi matin, je revoyais tous les cours de la semaine.

ÉTAPE 5 – RÉVISION PAR UE :
Pour ça, je me fixais sur l’emploi du temps de mon écurie privée (deux UE par semaine) et le week-end je revoyais ces UE, plus les cours difficiles si j’avais le temps. Plus on avance dans le semestre, plus on a de cours et il faut faire des choix (revoir moins les cours du début que l’on a plus vu et que l’on connait, par exemple).

Voilà voilà, en gros je m’appuyais sur ma mémoire visuelle, sur la compréhension (surtout au premier semestre) et sur la répétition. Avec tout ça, il faut travailler efficacement, c’est à dire être concentré et bien faire l’EFFORT d’apprendre, c’est différent de lire son cours comme on lirait un roman, la mémorisation demande un effort (plus ou moins grand selon les cours et vos facilités) si vous voulez aller plus vite.
Enfin, c’est un ressenti personnel.

C’est assez schématique, mais cela vous donne déjà quelques pistes si vous souhaitez vous en inspirer 🙂

Faisiez vous des fiches ? Si oui comment ?
Oh oui ! J’en avais un peu peur d’ailleurs, car on entend souvent que c’est une mauvaise idée, mais cela m’a beaucoup aidé. Ce qu’il faut comprendre, ce que ce n’est pas le même genre de fiches qu’au lycée (éléments importants, résumés). J’en avais plusieurs sortes :

Fiches « détails » : en révisant, je notais tous les éléments que j’avais oublié et/ou que je pensais importants, ce qui me faisait une liste de détails par matière et par cours que je pouvais relire rapidement.

Fiches « cours » : surtout pas systématiques, mais pour les cours particulièrement difficiles/désordonnés, je les réécrivais avec une présentation structurée et agréable. Au début je faisais des fiches avec le plan du cours, aussi.

Autres : formules, erreurs faites en QCMs, questions récurrentes des annales, tableaux récapitulatifs… Pour avoir tout ça sous la main directement.

Il y a des fiches que je n’ai jamais relu, mais rien que le fait de les écrire m’aidait et mettait de l’ordre dans ma tête. Leur principal avantage c’est qu’elles étaient beaucoup plus rapides à revoir que le cours lui-même (j’essayais de condenser un maximum sans écarter de détails), il faut faire un ratio « temps pour faire la fiche »/ »temps gagné grâce à elle », si vous hésitez à en faire.

Bref, cette histoire de fiche, c’est vraiment personnel, beaucoup n’en font pas. Moi et ma mémoire visuelle, en tout cas, ça nous convenait.

Avez vous travaillé seul(e) ? En groupe ?
Je travaillais quasiment toujours seule, mis à part le soir où j’étais avec ma colocataire. On travaillait chacune de notre coté, mais si besoin on se posait des questions, rectifions nos erreurs…
C’est très bénéfique d’avoir une ou des personnes de confiance pour s’entraider, mais le plus gros du travail est personnel.

Travailliez vous à la bibliothèque de votre université ou chez vous ?
Soit chez moi, soit aux locaux de mon écurie pour être sûre d’être concentrée. L’ambiance « travail » aide beaucoup, mais être chez soi permet aussi d’être plus détendu.
A chacun de voir dans quel cadre il est le plus efficace, sachant qu’on peut aussi alterner (la PACES est déjà bien assez monotone) si on est bien dans les deux.

Etiez vous au tutorat de votre fac ou dans une prépa privée ? Pourquoi ? Que recommandez vous ?
J’avais plusieurs cordes à mon arc 😉

– J’ai eu la chance d’être acceptée dans une écurie privée qui échappe aux déviances des « boîtes à fric ». Elle propose une séance de QCM un soir par semaine, et une fois sur deux en petit groupe de tutorat.
Son principal avantage était la bonne ambiance qui y régnait, très altruiste et pas très compétition, ce qui me convenait parfaitement.

C’est elle qui m’a le plus aidé à réussir, c’est pourquoi je conseillerais une écurie privée dans ce genre-là. Mais attention à bien la choisir, référez-vous à leurs résultats, leur réputation et surtout aux témoignages de ceux qui y étaient plutôt qu’à leurs belles paroles…

– La formule simple du tutorat de la fac, c’est à dire deux QCMs par semaine à venir récupérer.

– Une écurie en ligne qui propose quotidiennement des items sur les cours de la journée. On partageait un compte avec ma coloc’, j’en étais très satisfaite.

Tout ceci n’est pas forcément nécessaire, et il ne faut pas non plus oublier de faire les annales. Je pense que pour réussir, avoir ne serait-ce « que » le tutorat de la fac est quasi indispensable et peut suffire. Inutile de payer des sommes astronomiques pour certaines écuries privées, mais un entraînement régulier est nécessaire pour connaître certains pièges, développer « l’esprit QCM » qui aide à les débusquer, tester notre connaissance des détails et donc notre méthode…
C’est aussi un moyen de rencontrer des gens, et c’est déjà beaucoup !

Pour les budgets serrés, la formule tutorat de la fac + écurie en ligne (moins chère que les écuries privées et possibilité de partager un compte donc les frais à plusieurs) est une très bonne option !

Etiez vous bien classé aux colles du tutorat et/ou de la prépa privée ?
Aucune idée, je ne regardais pas mes classements. Je n’avais pas envie de me démoraliser si j’étais mal classée, et comme la compétition ne me motive pas, je n’en voyais pas l’intérêt.
J’ai uniquement regardé au concours blanc du premier semestre où j’avais un bon classement, mais dans l’ensemble je pense que j’ai été dans les moyens/bons au premier semestre.

Attention à ne pas se fier à ses premiers classements ! Quand on a pas encore l’habitude des QCMs, que l’on ne connait pas les pièges, on est forcément moins bons que les doublants notamment.
Cela s’apprend au fil du premier semestre et des QCMs, d’où l’importance d’en faire beaucoup.

Aviez du retard dans vos cours ? Si oui, comment le gériez vous ?
J’ai réussi à ne jamais avoir de retard, donc de ce coté là je n’ai pas trop de conseils à donner… si ce n’est ne pas prendre du retard ! On peut facilement se laisser déborder si l’on ne commence pas à travailler dès le premier jour, si l’on arrive pas à travailler (fatigue, flemme…), mais avec un travail régulier et une méthode qui vous convient vous ne devriez pas connaître ce problème.

Certains cours ne peuvent pas s’apprendre en un après-midi ou une matinée et doivent être revus plus que d’autres, ce n’est pas ce que j’appelle du retard du moment que l’on est organisé.

Quel était votre rythme de travail ?
Je travaillais environ 7h par jour, mais n’était pas toujours efficace. Il m’arrivait de dépasser mon temps de pause, d’être distraite… J’arrivais rarement à finir les objectifs que je me fixais pour la journée, mais je ne prenais jamais de retard, et ça suffisait pour moi.

Dans quel état d’esprit étiez vous pour réussir ? Esprit compétition ? Altruiste ?
Je n’ai pas du tout l’esprit de compétition et je pense qu’il est loin d’être indispensable pour réussir. C’est sans doute un moteur puissant pour certains, mais dans mon cas penser aux autres me faisait plus de mal que de bien.
J’étais dans ma bulle, voyant plus la PACES comme un défi personnel.

Pour avoir un repère je préférais me fixer une note à atteindre (15 au premier semestre, 17 au second). En écurie j’arrivais rarement à avoir 15 au premier semestre, le deuxième est beaucoup plus facile (pour tout le monde, ceci dit).

Sinon, l’entraide était très présente dans notre écurie, et la chaleur humaine, c’est chouette aussi.

Vous étiez plutôt stressé(e) ou plutôt décontracté(e) ?
Plutôt décontractée, ce qui a aussi ses inconvénients : j’avais parfois du mal pour me motiver à travailler.

Quelle attitude aviez vous en cours théorique ? Concentré(e) ou dispersé(e) ?
J’allais en cours seule, ce qui n’est pas forcément une bonne idée pour le moral, mais cela me permettait d’être concentrée (sauf cours particulièrement barbants, ça arrive). Il faut bien écouter le prof pour noter les détails qu’il peut rajouter, les explications et les points sur lesquels il insiste (parfois ça peut être flagrant…).

Comment preniez vous vos cours ? Sur ordinateur ? Sur papier ? Avec un dictaphone ?
J’ai commencé par les prendre à la main, puis quand le rythme s’est accéléré mes cours étaient tellement moches que j’ai préféré prendre l’ordinateur.
J’avais peur de moins bien mémoriser si ce n’était pas mon écriture, mais finalement comme j’avais ma mise en page personnelle c’était encore mieux pour quelqu’un de visuel comme moi. Et au moins, j’arrivais à prendre tout le cours !

Vous serviez vous des annales pour réviser ?
Oui, oui et oui ! C’est très important car il y a des questions qui reviennent selon les profs, ce sont des points gratuits.

Attention à ne pas tomber dans le piège « c’est jamais tombé dans les annales, ça tombera jamais ». On a souvent des surprises…

Comment était organisée votre journée ?
En simplifiant, elle ressemblait à ça :

7h : Réveil
8h : Début des cours. Au début, il vaut mieux arriver plus tôt si vous voulez choisir votre place (une demi-heure suffit), ensuite vous pouvez venir un peu plus tard.
12h : Fin des cours. Je rentre à l’appart’, mange et fait une pause qui dure environ 1h.
13h-19h : Travail personnel. Je mets en page les cours du jour, imprime et apprends. Une fois ceci fait, je revois les cours de la veille. Je fais des pauses de 15-20 minutes quand je sature ou des QCMs (plus ludiques!).
19h-20h : Pause dîner/douche.
20h-22h : Travail personnel. Je finis de revoir les cours de la veille, si j’ai le temps je revois d’autres cours (ceux avec lesquels j’ai du mal) puis je vais me coucher. Et je ne travaillais jamais après 22h (22h30 à l’approche du concours), c’était une limite fixe.

Quels seraient vos conseils pour les futurs étudiant(e)s en PACES ?
J’ai surtout une chose à vous dire : vous n’êtes pas OBLIGES de mal vivre votre PACES. Oui, c’est une année difficile, avec des hauts et des bas, mais ce n’est pas l’enfer. Il faut aussi se ménager (soirée libre, rentrer chez soi le week-end, prendre des pauses, dormir, parler à des gens…) pour tenir jusqu’au bout et arriver dans de bonnes conditions le jour J.

Deuxième chose, écoutez-vous. Toutes les méthodes, tous les conseils que l’on peut vous donner ne vous serviront peut être à rien. C’est vous qui devez savoir comment vous fonctionnez, et c’est là que se fait la différence. La façon de faire des autres, laissez-là aux autres.

Qu’est ce qui vous a fait réussir selon vous, par rapport aux autres étudiants ?
Mes facilités, c’est à dire ma capacité à comprendre facilement et à mémoriser assez vite. Mais ce qui fait la réussite ce n’est pas un détail, c’est un tout : l’organisation, la méthode, l’adaptation, etc…
Avoir des facilités n’est nullement un prérequis indispensable, et peut même être un handicap : combien de cracks de terminales ont échoué car… ils n’étaient pas habitués à travailler !

Pour terminer, comment avez vous trouvé cette première année des études de santé ?
Avec tout ce que j’en avais entendu, je m’attendais vraiment à pire. Mais bon, c’est facile à dire quand on est passé.

C’est une année difficile, certes, mais quel que soit le résultat on en retire toujours quelque chose. C’est quand même une année où l’on se retrouve face à nous même, on découvre nos capacités et nos limites, ce qui nous motive, nos doutes, etc…
Il y a des bons moments aussi (oui oui, je vous assure!), on rencontre de nouvelles personnes qui sont dans la même situation que nous, un nouveau monde (la fac, la vie en presque autonomie pour beaucoup), bref, aussi éprouvante puisse-t-elle être, la PACES reste enrichissante.
Et on apprend à mieux profiter de la vie, une fois que c’est terminé !

Que pensez vous du site www.reussirmapaces.fr ?
Je ne l’ai pas connu avant ni pendant ma PACES, mais je le trouve très bien fait.

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