Actuellement, dans quelle filière êtes-vous et en quelle année ?
Médecine 2ème année

Quelle fac, quelle année, quel numerus clausus ?
Lille Catholique (Faculté de Médecine et de Maïeutique de l’Université Catholique de Lille), année scolaire 2015-2016, 104 en médecine

Votre bac ? Votre spécialité ? Votre mention ?
Bac S, spécialité ISN (Informatique et Sciences du Numérique), Mention TB

Obtention de la PACES en primant(e), doublant(e) ou triplant(e) ?
Primante

Quel(s) concours avez-vous passé ? Votre classement dans les différentes filières ?
Médecine, 95ème

Votre niveau au lycée ? Etiez-vous assidu ou dilettante ?
Je pense que j’avais un niveau excellent, surtout en sciences, et j’étais déjà assidue.

Lors de votre PACES, habitiez-vous chez vos parents ? Tout(e) seul(e) ? En colocation ?
J’habitais chez mes parents.

Quelle était la durée de votre trajet fac – habitation ?
J’étais à 1,5 km de la faculté environ, et j’y allais en vélo. Porte à porte, il me fallait 20 minutes (le temps de mettre le cadenas et tout…)

Avez-vous trouvé vos repères facilement à la fac ?
J’ai participé à l’intégration, surnommée semaine « Accueil », ce qui m’a permis de repérer les différents bâtiments.
Heureusement, ils notaient toujours sur l’emploi du temps dans quel bâtiment se trouvait la salle de cours, donc du coup c’était assez facile d’être au bon endroit au bon moment ^^

En revanche, en terme d’emploi du temps et d’organisation des cours, j’étais un peu perdue sur les premières semaines, car l’emploi du temps changeait chaque semaine. Et puis j’avais du mal à comprendre quel cours on avait, car par exemple on avait marqué « UE1 – Pr XXXX », donc je ne savais pas si j’avais de la biochimie, de la chimie organique, …
Ce qui me faisait perdre du temps ensuite dans l’organisation de mes cours.

Avez-vous travaillé les cours l’été avant votre rentrée en PACES ? Pourquoi ?
Non, pas du tout, car on m’a vivement déconseillé de travailler pendant les vacances.
Et puis j’étais en plein déménagement, et on n’avait déjà pas mal de choses à préparer pour l’intégration. Donc finalement j’ai travaillé pour l’intégration et non pour ma PACES =)

Sinon, je me souviens que j’avais lu les cours qui nous avaient été envoyés par mail, mais cela n’avait fait que me paniquer, parce que je n’y comprenais rien : en effet, ce n’était que des supports de cours (graphiques, tableaux), et non les cours complets qui sont donnés à l’oral par les professeurs, donc difficile de comprendre si on n’a pas tous les éléments.

Pratiquiez-vous une activité physique en PACES ? Si oui, combien de temps/fois par jour/semaine ?
Oui !! Je pense que c’est très important d’avoir au moins une activité de loisir en dehors de la fac. Je faisais de la canne de combat (pour simplifier, c’est comme de l’escrime, sauf qu’on peut se déplacer dans un cercle de 9m de diamètre) tous les Vendredis soir de 18h30 à 20h.
Il me fallait 20 minutes en vélo pour y aller, donc du coup je faisais du sport de 18h10 à 20h20.
J’avais vraiment besoin de me défouler, et cela me permettait aussi d’avoir un peu des relations sociales, car je m’entendais bien avec les autres cannistes.

Au second semestre, comme j’étais classée 66ème et que le second semestre allait être un peu plus long, je me suis accordée d’aller courir en plus deux fois par semaine.
Je faisais cela à la place d’un goûter : cela me prenait autant de temps (30 minutes), mais au lieu de rester encore assise à manger et à l’intérieur, j’étais dehors à me défouler les jambes (à force de rester assise toute la journée à travailler j’avais des courbatures, donc courir me faisait du bien).

Du coup, je pense qu’au premier semestre, je pratiquais 2h de sport par semaine, tandis qu’au second semestre, je faisais plutôt 3h voire 4h de sport par semaine.
Tout est dans l’équilibre : un esprit sain dans un corps sain. Si votre corps ne va pas bien (jambes endolories, bras ballants, dos douloureux, tout cela parce qu’on ne bouge presque pas de la journée), vous aurez du mal à vous concentrer, et le moral baisse.

Aviez-vous des loisirs ? Des sorties ?
Mes seules sorties étaient le sport, aller acheter un surligneur ou un classeur ^^, et un peu de cinéma.
Au premier semestre j’étais allée voir « Spectre », étant fan de James Bond. Au second semestre j’étais allée voir « Allegiant ». Dans toute l’année j’ai dû faire 4 sorties cinéma, mais les deux précédentes étaient vraiment les sensationnelles, qui m’ont apporté un boost dans le moral =)

Je n’ai été à aucune soirée organisée par la faculté, car je ne suis pas très alcool ni sorties de ce type, et puis j’avais besoin de sommeil.

Aviez-vous dans votre famille des médecins, dentistes ou pharmaciens ?
Aucun

Combien d’heures de sommeil aviez-vous par nuit ?
J’avais besoin de 9h de sommeil pour être efficace, et 10h pour garder la forme jusqu’à la fin du semestre.
Eh oui, c’est possible ! Si je dormais 8h, je pouvais être alerte, mais je savais que je n’allais pas enregistrer correctement tout ce que j’entendais et j’apprenais dans la journée…

Du coup mon planning théorique était : la semaine, je dors 9h par nuit, le week-end je dors 10h pour récupérer un peu.
En pratique, je n’avais pas assez d’autodiscipline, du coup cela ressemblait plutôt à : la semaine, je dors 8h30, et le week-end je dors 9h30-10h… Il ne faut pas faire comme moi, car chaque jour je regrettais de ne pas avoir dormi 30 minutes de plus. La difficulté est que le soir, on a envie de finir tel cours avant de se coucher, et je n’arrivais pas à m’arrêter.

Franchement, le sommeil est IN-DIS-PEN-SA-BLE !! Il vous permet de mémoriser, d’être efficace dans la journée, d’être moins malade, de tenir jusqu’à la fin du semestre, et j’en passe !

Combien d’heures travailliez-vous par jour ?
Puisque j’avais besoin de 9h à 10h de sommeil, autant dire que ce n’était pas possible que je travaille 15h par jour… J’ai pris un chronomètre un jour pour calculer précisément le temps que je travaillais, à la minute près (j’arrêtais le chronomètre si je prenais même une minute de pause) : j’ai obtenu 9h, sachant que je n’étais pas dans ma plus grande forme ce jour là.

Je dirais que les beaux jours (50% de l’année), je pouvais travailler 10h, mais j’ai dû parfois atteindre 11h. Et puis les jours « normaux », où je n’étais ni en pleine forme, ni démoralisée (40% de l’année), je travaillais 9h. Enfin, les mauvais jours, où je n’arrivais pas à me concentrer, j’étais à 7h de travail (9% de l’année).
Après, il y avait les très mauvais jours, où je ne pouvais vraiment pas travailler (1% de l’année) : par exemple une fois j’étais malade et mes yeux pleuraient constamment, donc impossible de voir quoi que ce soit.

J’ai donné une explication assez détaillée, car j’étais très exigeante avec moi-même et tous les jours je calculais le nombre d’heures que j’avais travaillé efficacement.
Je vous déconseille de faire cela, parce que c’est assez angoissant au fond, et puis la quantité ne doit pas être au détriment de la qualité !!

Quelle était votre méthode de travail pour l’apprentissage ?(Soyez le plus précis)
J’avais une méthode de travail très particulière et qui m’inquiétait énormément. Mais elle a fonctionné…
Alors, il faut tout d’abord savoir que je suis très curieuse et profondément scientifique. Tous les cours de l’année m’ont passionné (j’ai bien écrit TOUS les cours).

Mon problème était le suivant : je suis incapable d’apprendre par coeur, d’autant plus que je ne pouvais laisser tant de cours incompris, ma curiosité scientifique prenait le dessus. De plus, je suis incapable de bâcler un travail : quand j’apprenais un chapitre, je l’apprenais de fond en comble, je n’arrivais pas à le lire rapidement pour avoir le temps de revoir un maximum de cours.

Mon apprentissage commençait EN COURS : écouter soigneusement le professeur, prendre des notes efficaces, commencer à organiser les informations dans ma tête, me poser des questions, voir une toile se tisser en faisant des liens entre les informations, si bien que parfois j’arrivais aux conclusions du professeur avant qu’il ne les dise à voix haute.

Puis, chez moi, je passais un temps monstrueux à retaper tous mes cours pour tout COMPRENDRE : je réorganisais les informations, je faisais des recherches en plus sur internet ou dans des livres, je posais pas mal de questions aux professeurs. Autant dire que mes cours imprimés avaient bien plus d’éléments que ceux nécessaires au concours.

Un cours imprimé signifiait que j’avais compris absolument TOUS ses détails, du premier au dernier mot. Cela prenait du temps, mais au moins les informations étaient organisées dans ma tête, tout était logique. Quand je relisais le cours, cela coulait de source =)

En anatomie, je faisais une chose en plus : je lisais le Kamina tous les jours, comme si je lisais un livre.

Dernière étape : revoir les cours et les surligner, faire des fiches, APPRENDRE les cours à proprement parler. Le problème avec ma méthode de travail était la suivante : j’arrivais aux révisions, je n’avais relu aucun cours. Ils étaient tous imprimés, je les avais tous compris, donc je devais les connaitre à 70-80% (cela dépendait à quel point j’étais intéressée), mais je ne les avais pas vraiment « appris ». J’avais donc 2 semaines pour relire, surligner, apprendre une centaine de chapitres… Bien entendu, je n’avais pas le temps de tout revoir.

Donc j’ai dû jouer de la STRATÉGIE : les cours que je connaissais, je ne les relisais pas. Je réfléchissais où j’allais gagner plus de points : je savais que si je passais 2h à faire de la physique, j’allais faire la différence (la physique était mon maillon fort), alors que si je travaillais 2h l’histologie, j’allais avoir le même niveau que tout le monde.

Cela signifie que je passais plus de temps que d’autres à faire de la physique, des biostatistiques, de la chimie organique, de la cytologie, de la SHS, de la physiologie, domaines où je pouvais gagner beaucoup de points. Et dans les autres « grosses » matières, je passais un peu moins de temps que les autres, car je savais que j’allais avoir sensiblement la même note qu’eux.

La PACES, c’est aussi de la stratégie : personne ne peut tout apprendre, du moins c’est ce que j’ai réalisé avec d’autres étudiants. Donc si vous devez choisir entre travailler 2h de la chimie, et travailler 4h de l’histologie, si vous savez que les 2h de chimie vont vous apporter sans aucun doute 10 questions justes, alors que les 4h d’histologie vont vous permettre de ne pas trop perdre de points sur 10 questions, autant dire qu’il vaut mieux travailler 2h la chimie…

Finalement, je pense qu’avec ma méthode de travail, c’est comme si je revoyais deux fois chaque cours, pour comparer par rapport à d’autres méthodes de travail plus courantes.

Faisiez-vous des fiches ? Si oui comment ?
Oui ! Surtout en biophysique : je faisais des fiches-formules par thème. Armée de petites fiches bristol, je notais par exemple au recto « Dynamique des fluides », et au verso je mettais toutes les formules relatives à la dynamique des fluides.

Je pouvais aussi mettre par exemple « Constante de Boltzmann », et j’écrivais toutes les formules dans laquelle je retrouvais la constante de Boltzmann. Cette technique me permettait de mélanger les chapitres et les formules, et de faire des liens entre elles aussi. Tous les soirs, je m’entrainais sur quelques fiches. Au concours, je connaissais toutes les formules sans faute et sans hésitation.

Ensuite, je faisais souvent des fiches-questions dans toutes les matières. En revoyant le cours, je notais des questions sur une feuille, relatives au cours.
Cela me permettait de répéter dans ma tête les éléments clés. Je savais qu’en sachant répondre à toutes les questions, je connaissais parfaitement le cours. Mais elles ne m’ont jamais servi, puisque je n’ai relu qu’une seule fois chaque cours…
En histologie, je faisais des fiches-dessins. Les polycopiés de 15 pages étaient longs : puisqu’on décrivait des types de cellules, je faisais des schémas. Je dessinais la cellule, et suivant les caractéristiques décrites par le poly, je lui ajoutais ses récepteurs, ses organites, etc.

Je m’amusais à dessiner, et c’était plus facile d’apprendre un schéma qui prend une demi-page, qu’un texte de deux pages…
En embryologie, j’avais commencé à faire une chronologie schématisée, mais je n’ai pas eu le temps de la terminer.

Avez-vous travaillé seul(e) ? En groupe ?
Je travaillais majoritairement seule. J’ai travaillé avec une autre PACES au second semestre, qui était doublante, et avait donc l’avantage de bien connaître le déroulement des SHS (UE7 : Sciences Humaines et Sociales). Je l’aidais en biophysique, nous nous entraidions en SHS (elle nous faisait des questions de cours pendant les révisions), et nous faisions les cours d’anatomie ensemble (elle tapait les cours, et moi je faisais les schémas).

Travailliez-vous à la bibliothèque de votre université ou chez vous ?
J’ai essayé plusieurs fois de travailler en BU (Bibliothèque Universitaire) médecine, mais cela me stressait de voir plein d’autres PACES autour de moi.
Je n’y allais du coup que lorsque j’avais un trou entre deux cours, ou le midi après manger, ou les jours où je n’arrivais pas à me concentrer chez moi.
J’ai toujours travaillé chez moi au primaire, collège et lycée, donc finalement j’ai gardé cette habitude.

Etiez-vous au tutorat de votre fac ou dans une prépa privée ? Pourquoi ? Que recommandez vous ?
Je suivais le tutorat de la faculté, qui est gratuit. De toutes les manières, les prépas privés de Lille sont faites pour le programme de Lille 2, et non de la Catho, de ce qu’on m’a dit.
Le tutorat de la faculté est très bien, car on a toutes les semaines une talc’kholle (un entrainement réalisé par les tuteurs), une séance de tutorat, ainsi qu’un forum sur internet pour poser des questions.
Dans chaque UE, on avait eu au total deux entrainements et deux tutorats.

Etiez-vous bien classé aux colles du tutorat et/ou de la prépa privée ?
Au premier semestre, j’étais dans le premier quartile pour la chimie (UE1), la biophysique (UE3a), et les biostatistiques (UE4). J’étais dans le deuxième quartile pour la biologie (UE2), à cause de l’histologie majoritairement, pour laquelle je mettais souvent une ou deux réponse(s) bonne(s), avec une réponse fausse, ce qui vaut 0.
Cela m’a permis d’adopter une stratégie pour le concours : en histologie, je ne mettais toujours qu’une seule réponse, car je préférais avoir une réponse bonne (qui peut valoir 0,25 ; 0,33 ; 0,5 ou 1 point), plutôt que d’avoir 0 parce que je cochais une réponse fausse avec.

Au second semestre, c’était plus dur. En anatomie (UE5 + l’anatomie de l’UE8 Spé médecine), en biophysique (UE3b), en physiologie (UE8 Spé médecine), j’étais dans le premier quartile. En pharmacologie (UE6) j’étais dans le troisième quartile, malgré le travail que je fournissais, ce qui m’a énormément inquiétée.
J’ai donné un petit boost pendant les révisions (petit, parce que l’UE6 reste seulement coefficient 1), et j’ai réussi à obtenir la moyenne, alors que j’avais toujours 3 ou 4/20 en colles…

En SHS (UE7), il n’y avait pas de classement, ni de notes, mais j’ai obtenu « A », donc je suppose que j’aurai été dans le premier quartile (la plupart des étudiants avaient « B » de ce que disaient les tutrices).
Les classements du tutorat ont été plutôt représentatifs je pense, à part en UE8 (qui comprenait physiologie + anatomie + philosophie du soin, cette dernière n’étant pas évaluée en tutorat) où j’ai été assez étonnée d’avoir une note aussi basse au concours.
Je pense que j’ai dû avoir un petit « accident », que je chercherai à comprendre pendant les vacances…

Aviez-du retard dans vos cours ? Si oui, comment le gériez-vous ?
Si vous avez compris ma méthode de travail, vous pouvez en déduire que j’avais beaucoup de retard dans mes cours. Je n’arrivais pas toujours le week-end à terminer les cours de la semaine, mais au début des révisions, tout était imprimé.
Donc suivant ma méthode de travail, je n’étais pas vraiment en « retard », puisque je revoyais mes cours pendant mes révisions. Mais puisque je n’arrivais pas à tous les revoir, je considère que j’étais constamment en retard.

Le pire était l’anatomie, où j’ai terminé de retaper les cours pendant les révisions.
Ma partenaire m’envoyait ses cours retapés et mis en page, mais je trouvais qu’il y avait tellement d’informations qui se répétaient, d’autres qui étaient inutiles (après 3 mois de cours, on a compris que la veine subclavière passe au dessous de la clavicule).
Du coup lorsqu’elle m’envoyait un chapitre de 30 pages (texte uniquement), j’arrivais à le réduire à 13-14 pages (avec des images que je copiais du Kamina numérique).
Je préfère relire un cours de 13 pages, qu’un cours de 30 pages…
Donc je considère que j’avais beaucoup de retard en anatomie, mais en même temps quand je retapais les cours, une grande partie des informations m’étaient déjà connues (car je lisais tous les jours le Kamina), et puis l’anatomie est un petit coefficient.
Le retard était donc relativement maîtrisé.

Quel était votre rythme de travail ?
A la fois très soutenu et tranquille. Je veux dire qu’en quantité, je travaillais plus qu’en terminale S, et je pouvais sans problème travailler 4h de suite sans me déconcentrer. Mais je ne travaillais pas à 100% non plus, pour tenir jusqu’au bout : la PACES est un marathon.

Je travaillais à 95% tout le semestre, puis 1 mois et demi avant le concours, j’augmentais petit à petit mon rythme de travail pour atteindre 100% aux révisions. La qualité du travail était maximale, comme au lycée.
Mais en même temps, lorsque je n’arrivais pas à travailler, je ne me forçais pas : je faisais cinq minutes de pause, je sortais me balader 10 minutes, etc. (d’où un rythme de travail « tranquille »).
Bien entendu, j’avais tellement de remords de prendre des pauses, mais je savais aussi que j’aurais perdu du temps en me forçant à travailler.
Je pense que chaque jour je devais avoir, en cumulé, 1h à 2h de pause (sans les repas).

Et puis, j’avais un principe fondamental : il y a un temps pour travailler, et un temps pour s’occuper de soi.
Quand j’étais à mon bureau, je travaillais (environ 9h à 10h par jour).
Ensuite, quand j’étais à table, dans mon lit, dehors à courir, etc., je ne pensais plus à la PACES. Je pouvais être en train de préparer un plan de bataille pour m’organiser le lendemain par exemple, mais j’arrêtais de penser médecine.

Le cerveau a besoin de s’aérer, c’est pourquoi je définissais des temps sacrés : les repas, pendant lesquels j’avais interdiction de travailler. Je pouvais manger en 10 minutes ou en 1h, mais je ne travaillais pas.
En conclusion, je dirai que j’avais un rythme de travail équilibré.

Dans quel état d’esprit étiez-vous pour réussir ? Esprit compétition ? Altruiste ?
C’est une question difficile. Au fond de moi, j’ai toujours été en compétition contre moi-même : je veux toujours mieux faire que la dernière fois.
Mais je ne suis pas en compétition avec les autres.
Donc j’étais plutôt altruiste : un camarade avait son bras droit immobilisé pendant 1 mois ou 2, je lui ai passé tous mes cours. En revanche, je ne lui passais pas mes cours retapés, parce que cela représentait énormément de travail de mon côté, et c’est difficile de donner le fruit de nombreuses heures de travail.

De nombreux étudiants venaient me poser des questions en biophysique sur ce qu’ils ne comprenaient pas, et je les aidais.
Je pense que j’ai passé pas mal de temps à aider les autres, et l’inverse a été peu vrai. J’ai été aidée en SHS (ma partenaire de travail me posait des questions de cours tous les jours pendant les révisions), quelques fois en anatomie par ma marraine de 2ème année, peut-être deux ou trois fois pour de petites questions dans d’autres matières.
Mais j’ai fait médecine pour aider les autres =)

Vous étiez plutôt stressé(e) ou plutôt décontracté(e) ?
J’ai appris pendant mon lycée à rester très calme. Comme dans ma famille nous sommes de grands stressés, je savais que cela allait être à mon désavantage pour le bac et la PACES.
J’ai donc appris à faire de la méditation et des exercices de respirations, qui me permettent d’être profondément calme pendant les examens.

Je dirai qu’au cours du semestre, j’étais plutôt tendue à cause de la masse de travail, et que j’avais toujours en tête une liste d’une dizaine de choses à faire. Au premier semestre, j’ai eu une appendicite une semaine avant le concours.
C’était très douloureux, donc cela m’a épuisé (je dormais 12h par nuit la dernière semaine de révision, avec 2h de sieste par jour), et je n’avais même pas la force de stresser le jour du concours. Au second semestre, je n’ai pas eu d’appendicite, mais je suis restée très calme grâce à la respiration.

Je passais mon temps à relativiser : de toutes les manières, même si je ne réussis pas, il y a plein d’autres métiers que je peux faire ; je n’ai rien à me reprocher, j’ai fait de mon mieux ; dans tous les cas, j’ai passé une super année, avec des cours passionnants ; je vais m’amuser au concours de biophysique, j’espère avoir des exercices un peu difficiles pour réfléchir ; etc.

J’étais ainsi stressée à un degré raisonnable =D

Quelle attitude aviez-vous en cours théorique ? Concentré(e) ou dispersé(e) ?
En cours, il faut IMPERATIVEMENT être concentré !! Je suis sûre qu’on gagne plein de points à ce niveau. Dans l’amphithéâtre, je crois que 75% des étudiants étaient sur les réseaux sociaux, parlaient entre eux, ou bien regardaient des vêtements sur internet. Cela m’a beaucoup surprise.

L’apprentissage commence en cours, car il faut prendre des notes, se poser des questions, repérer les sujets qui intéressent le professeur, et on commence à mémoriser de manière auditive aussi.
Il m’arrivait parfois d’entendre dans ma tête le professeur dire une phrase, ce qui me permettait de répondre à une question !

Comment preniez-vous vos cours ? Sur ordinateur ? Sur papier ? Avec un dictaphone ?
J’ai essayé tout d’abord sur papier, mais comme j’écrivais mal et que j’avais besoin de ré-organiser les informations données par le professeur, j’ai adopté l’ordinateur. J’utilisais un dictaphone, pour ré-écouter les morceaux qui me manquaient (cela me prenait chaque jour environ 5 à 10 minutes d’écrire toutes les parties que j’avais manquées, donc ce n’est pas une perte de temps).

Même lorsque nous avions des diapositives, je prenais les cours en notes. En SHS, j’écrivais ce que le professeur disait à l’oral, et j’ajoutais chez moi les éléments des diapos qu’il n’avait pas dites. J’avais mes propres cours dans toutes les matières, ce qui me permettait de tout comprendre.

Nombreux étaient les étudiants qui me demandaient ce que voulait dire telle phrase sur une diapositive, car ils n’avaient pas été en cours, ou bien ils n’avaient pas écouté le professeur. Je pouvais facilement leur répondre, car je savais ce que le professeur avait dit à l’oral pour s’expliquer.

Vous serviez-vous des annales pour réviser ?
J’avais déjà assez peu de temps pour relire les cours, donc autant dire que les annales n’étaient pas ma priorité… Et puis je pense qu’il vaut mieux connaître les cours, que les annales. Certains font uniquement des annales et ne revoient que très peu les cours, c’est une autre manière de faire.

En revanche, j’utilisais beaucoup les colles en biophysique, en biostatistiques et en physiologie, matières pour lesquelles il y a des exercices à réaliser. Cela permettait de m’entraîner.
Pour les autres matières, je ne faisais qu’une année d’annales, ou pas du tout. Je considérais que les colles du tutorat m’avaient assez entrainée.

Comment était organisée votre journée ?
Les emploi du temps changeaient chaque semaine, donc je présente là une journée « typique ». On pouvait très bien avoir 8h de cours magistraux (8h-12h puis 14h-18h), tout comme avoir quelques cours magistraux et quelques ED ou tutorat

6h30 – Lever, habillage. Il me fallait 5 minutes pour réussir à me lever ^^
6h50 – Petit-déjeuner
7h20 – Brossage des dents (il est inutile à mon avis de vouloir gagner 3 minutes en ne se brossant plus les dents…) + Faire le lit (je pense que garder l’ordre dans son environnement, c’est garder de l’ordre dans sa tête)
7h30 – J’enfourche mon vélo =)
7h45 – Je suis à la fac, je dépose les affaires lourdes dans mon casier en BU (j’ai une scoliose et je dois éviter de porter un sac trop lourd), je fonce en amphi pour avoir une bonne place
8h00 – Début des cours
12h00 – Déjeuner
12h30 – Travail en BU
13h00 – ED ou Tutorat
15h00 – Je reprends mon vélo pour rentrer.
15h30 – Je suis rentrée, j’ai rangé mes affaires et fait les 2-3 petites choses que j’avais à faire (envoyer un mail, vérifier qu’il n’y a pas de changement de cours, etc.). Je commence à retaper les cours de la journée.
17h00 – Pause goûter ou aller courir
17h30 – Je prends ma douche
17h45 – Je continue à retaper mes cours
20h00 – Dîner, puis brossage de dents
20h30 ou 20h45 – Travail
21h20-21h40 – Je termine le travail que je suis en train de faire, je prépare mon sac pour le lendemain, je lis un peu (j’adore lire)
Entre 21h45 et 22h – Extinction des feux =)

Lors des révisions, ou lorsque je n’avais pas cours, ma journée était différente :
7h00 – Lever, habillage, petit-déjeuner, brossage des dents, faire le lit
8h00 à 12h00 – Travail
12h00 à 13h00 – Déjeuner, sieste de 20 minutes si besoin
13h00 à 17h00 – Travail
17h00 à 18h00 – Course ou goûter + Douche
18h00 à 19h30 – Travail
19h30 à 20h30 – Dîner
20h30 à 21h15 – Terminer de travailler (je terminais plutôt vers 21h45)
21h30 – Extinction des feux (même si souvent j’éteignais plutôt à 22h…)

Quels seraient vos conseils pour les futurs étudiant(e)s en PACES ?
Au cours de l’année, j’ai compris qu’il y avait plusieurs maîtres-mots.

EQUILIBRE – Il faut se sentir bien dans son corps et son esprit.
Il ne faut pas oublier que la PACES est une « année comme les autres », il faut rester en vie ^^. J’ai réalisé que certains étudiants réussissaient en passant une super année, d’autres en sacrifiant une année. Je me suis dit que si on peut réussir dans tous les cas, je préfère réussir en restant relativement heureuse au cours de l’année.
Il faut donc s’écouter : si vous êtes fatigué, il faut dormir. Si vous en avez marre, il faut aller au cinéma par exemple. Si vous avez mal partout dans le corps à force d’être assis sur le bureau, il faut sortir se balader. L’équilibre se retrouve aussi dans la nourriture : faire attention à manger équilibré, pour que votre corps soit en forme.

Il ne faut ni perdre de la masse, ni en gagner, si votre masse est déjà idéale. L’équilibre, c’est aussi dans la relation à autrui : pour cela, je ne l’ai pas bien respecté, car je pense que j’ai plus donné que je n’ai reçu, mais cela ne m’a pas dérangé. Enfin, l’équilibre implique de ne pas stresser outre-mesure : le stress stimule, mais en excès il nous envahi.

Il faut savoir garder son calme et la tête froide, car on est alors plus réactif, et on fatigue moins. Il est normal de pleurer parce qu’on a mal réussi une colle, mais je pense qu’il est exagéré de pleurer parce que le professeur a ajouté un paragraphe en plus par rapport à l’année précédente.

ORGANISATION – Certains travaillent dans le désordre, d’autres dans l’ordre. Je préconiserai plutôt l’ordre, car quand vous cherchez un cours, vous le trouvez en 2,3 secondes ^^ Et puis c’est aussi organiser les informations dans votre tête, pour que tout soit logique.

A la fin du semestre, vous avez une sorte de puzzle géant ou carte géante, où tous les cours s’imbriquent les uns dans les autres, les informations en histologie rejoignent celles de biophysique, etc. Un étudiant m’a un jour dit que lorsqu’on arrive à faire les liens entre les cours, on a réussi l’année. Je ne sais pas si c’est vrai, mais je pense que cela rejoint l’idée de l’organisation des informations.
ESPOIR – On ne peut jamais être sûr de réussir, mais il faut toujours garder espoir, se dire qu’on peut y arriver.

Cela ne signifie pas qu’il faut être énormément confiant en soi-même, se dire : « Oh c’est bon, cela je le sais, ça devrait aller » ; car on risque de ne pas travailler suffisamment.
Il vaut mieux être conscient qu’on a des failles, comme tous nos « adversaires », mais qu’on peut tout de même faire mieux que les autres. Je n’avais aucune confiance en moi, mais j’avais espoir.

MOTIVATION – Se rappeler tous les jours pourquoi on fait cela, et se sentir motivé(e). Personnellement, j’écoutais constamment de la musique, même quand je travaillais, car j’ai toujours eu l’habitude d’écouter de la musique en travaillant, et parce que cela me motivait. Je dormais sur une mezzanine, du coup j’avais accroché au plafond au-dessus de ma tête des photos, des lettres d’encouragement, etc., tout ce qui me portait à coeur et me rappelait que je n’étais jamais seule.

STRATÉGIE – Au concours, il faut faire mieux que les autres, donc c’est pratique d’être stratège. Par exemple, gérer le temps : je prenais la quantité de temps, j’enlevais 10 minutes, puis je divisais par le nombre de questions, pour savoir combien de temps je dois prendre par question, tout en gardant à la fin 10 minutes de relecture.

Du coup, dès que je passais trop de temps sur une question, je passais à la suivante, et je la gardais pour mes 10 minutes de fin.
Il faut gagner un maximum de points, donc faire un maximum de questions. Aussi, lorsque j’hésitais sur une question, je ne cochais qu’une seule réponse, préférant avoir un demi-point, plutôt que d’avoir 0 parce que j’aurai aussi coché une réponse fausse.
Même quand vous ne savez pas la réponse, parfois par logique vous pouvez retrouver la bonne réponse : certaines propositions sont farfelues, d’autres n’ont aucun rapport avec la question, et parfois même il y a des propositions qu’on n’a jamais vues en cours, donc c’est qu’elles sont fausses.

Qu’est ce qui vous a fait réussir selon vous, par rapport aux autres étudiants ?
Je pense que c’est surtout le fait que j’ai gardé un équilibre dans ma vie. Je faisais attention à mon sommeil et ma fatigue, au moral, à mon corps (si jamais j’avais des courbatures, j’allais me balader), à mon alimentation.

Et puis je vivais chez mes parents, avec qui je m’entends très bien, ce qui est aussi un avantage : ne pas avoir à cuisiner, faire le ménage, etc.
Ils me faisaient penser à autre chose pendant les repas, même si je n’aimais pas quand mon père me disait « Va travailler » (je savais tout de même m’organiser moi-même dans mon travail ! =P).
J’ai réalisé que de nombreux doublants pensent ne pas avoir réussi leur première année, car il était difficile pour eux de quitter leurs parents et de se débrouiller tous seuls.

Enfin, j’étais particulièrement persévérante. Au premier semestre, je n’ai PAS été malade que sur deux semaines.
Pendant plus de deux mois j’enchainais les rhumes (une semaine j’avais le nez bouché et je ne pouvais respirer que par la bouche, la semaine suivante je toussais toutes les dix secondes et je dormais très peu du coup, puis la semaine suivant j’avais de nouveau le nez bouché, etc.), je voyais le médecin une semaine sur deux, impossible de me guérir.

Je n’exagère vraiment pas mon état de santé. Puis j’ai eu l’appendicite une semaine avant le concours. Malgré tout, je continuais à travailler. Au second semestre, je n’ai pas été trop malade, en revanche nous avons été deux mois en travaux (à cause de la salle de bain), donc l’atmosphère était tendue à la maison, et je ne me sentais pas chez moi quand je rentrais, ma chambre était remplie des affaires de la salle de bain, on devait aller se laver chez les voisins, etc.

Je dirai que le premier semestre était éprouvant physiquement, et le second psychologiquement, mais je « mordais le coussin », je me disais que je n’étais pas la seule à avoir des difficultés, et je me rappelais que j’adorais chaque journée, chaque cours.

Je pense que mon plus gros avantage était que j’étais passionnée par ce que j’apprenais, ce qui n’était pas le cas de beaucoup d’étudiants…

Pour terminer, comment avez-vous trouvé cette première année des études de santé ?
Je ne regrette pas un seul jour de cette année. A part peut-être le jour où je suis allée chez le médecin parce que je pensais avoir une gastro, et qu’elle m’a envoyé aux urgences parce qu’elle pensait que j’avais une appendicite ^^.
Même si vous avez des difficultés, il ne faut pas lâcher, car à la fin, quand vous repensez à tout ce que vous avez surmonté, vous êtes fiers de ce que vous avez accompli.

Et puis si c’est pour réussir cette année, autant en profiter et rendre notre quotidien agréable. Je ne dis pas que c’était facile tous les jours, attention ! Il m’est arrivé souvent de pleurer pour décompresser, mais après c’était pour continuer en étant d’autant plus motivée.

Il y a une citation que j’aime bien, extraite de Cyrano de Bergerac :
« Que dites-vous ?… C’est inutile ?… Je le sais !
Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès !
Non ! non, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! »

Même si parfois vous apprenez des choses dont vous ne voyez pas l’intérêt, il faut voir plus loin : vous vous battez pour sauver des vies plus tard, ou bien pour soulager des souffrances, voir des sourires se former sur les visages d’êtres humains grâce au travail que vous avez fourni.
En médecine, on travaille même quand il n’y a aucun espoir de guérison (vous verrez peut-être cela en SHS), on travaille pour soutenir l’humanité, apaiser ses douleurs et souffrances. D’où : « on ne se bat pas dans l’espoir du succès ! »

Que pensez-vous du site www.reussirmapaces.fr ?
Il m’a été très utile, car j’anticipe la PACES depuis que je suis en 6ème ^^ J’ai connu ce site quand j’étais en seconde, et donc je l’ai bien exploré pendant le lycée, pour adopter quelques techniques dès la première et la terminale (sommeil, faire des fiches, etc.)

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