Bryan T., en 2ème année de Médecine à Amiens, nous parle de son parcours et du vécu de sa PACES


Actuellement, dans quelle filière êtes-vous et en quelle année ?

Médecine 2ème année

Quelle fac, quelle année, quel numerus clausus ?
UPJV d’Amiens 2015 – 2016. NC à 200

Votre bac ? Votre spécialité ? Votre mention ?
Bac S, spé SVT. Mention AB

Obtention de la PACES en primant(e), doublant(e) ou triplant(e) ?
Primant

Quel(s) concours avez-vous passé ? Votre classement dans les différentes filières ?
Uniquement médecine/kiné. 354 au S1, 193 au S2 en médecine.

Votre niveau au lycée ? Etiez-vous assidu ou dilettante ?
Dilettant. Pour vous dire, j’ai eu 4 au bac de maths et 7 au bac de physique-chimie. Je suis plutôt littéraire que scientifique. Selon mes professeurs, j’aurai du faire L ou ES.

Lors de votre PACES, habitiez-vous chez vos parents ? Tout(e) seul(e) ? En colocation ?
Tout seul, à proximité de la gare/centre-ville et bus menant à la fac.

Quelle était la durée de votre trajet fac – habitation ?
15-20 minutes.

Avez-vous trouvé vos repères facilement à la fac ?
Je n’avais pas mis un pied à la faculté pas avant de m’y être inscrit. Lors de l’inscription, j’ai fais un repère des lieux au niveau géographique. C’est assez grand! Du coup, quand on ne connaît pas: on s’y perd rapidement et on ne mémorise pas le lieu totalement?
Je n’ai découvert réellement la fac que le jour de la rentrée (comme je n’ai pas fait de pré-rentré en plus) et il y avait peu d’espaces dédié à la PACES finalement… Au bout d’une semaine, on a ses repères.

Avez-vous travaillé les cours l’été avant votre rentrée en PACES ? Pourquoi ?
Je voulais revoir mes cours de terminale S pour être au point; chose que je n’ai pas faite et heureusement car les cours sont tellement différents bien que des notions reviennent mais elles sont explorées différemment.

C’est pour cette raison que je ne vous conseille pas de toucher à vos cours de lycée car ce qu’on y voit est tellement infime contrairement à la PACES. Mais je pense qu’il faut tout de même entretenir un niveau correct en maths car des notions de TS sont re-abordées en PACES (au second semestre) où il faut faire des dérivés, intégrales etc. toutes simples (simples certes, mais j’arrivais pas à les faire mais c’est vraiment parce que j’ai un niveau merdique en maths).

Néanmoins, je ne voulais pas du tout travailler des cours de PACES car ne les ayant pas vus en amphi avec un professeur: je trouvais qu’il n’y a aucun intérêt à travailler dessus. Par contre, si j’aurai doublé: j’aurai retravaillé les cours qui m’avaient semblé difficiles et qui peuvent faire la différence le jour du concours (chimie organique par exemple).

Mais cet été, je tenais à me reposer, profiter de mes derniers moments de liberté et en famille car ce concours n’est pas un sprint, mais un marathon physique et psychologique: il faut tenir sur la durée (à savoir trois mois et demi pour le premier semestre et quatre mois et demi pour le second) et donc être au taquet pour le départ.

Pratiquiez-vous une activité physique en PACES ? Si oui, combien de temps/fois par jour/semaine ?
J’ai arrêté toute activité physique au premier semestre de PACES car je culpabilisais trop de m’accorder du temps pour faire autre chose (et c’est une grosse erreur!). En fin de premier semestre, je me sentais gras et j’ai décidé de reprendre en salle de musculation.

J’allais à la salle de musculation (qui est dans la rue à côté de chez moi: j’ai choisi la plus proche bien évidemment) environ 3/4 par semaine. La durée de la séance variait, pouvant aller de 1h minimum à 3h maximum mais c’était très souvent 1h45.
Avoir une activité physique m’a permis de décompresser, faire évacuer tout le stress que j’accumulais à cause de ce concours et penser à autre chose, m’entretenir et faire attention à mon bien-être.

Je m’étais fixé un objectif: prendre de la masse et du muscle. Cet objectif a été mis en parallèle avec ma volonté de réussite du concours.
Le sport m’a permis réellement de maintenir mon ambition et mon esprit de compétition quand ça n’allait pas et que je ressentais un éventuel futur échec.

Aviez-vous des loisirs ? Des sorties ?
Au premier semestre: aucune en semaine sinon je culpabilisais. Il y a juste le week-end où je voyais mes parents une demi-journée seulement mais où, encore une fois: je culpabilisais de pas travailler. Mais je relativisais avec le fait que mes parents m’apportaient du soutien en me faisant les courses, le ménage, la lessive et en m’offrant une petite vie sociale.

Au second semestre, à la vue de mon classement (354 pour 200 places), je fus contrebalancé entre l’idée que c’était encore possible d’y croire mais celle qu’il y avait plus de chance que je redouble finalement; j’ai relâché la pression bizarrement (je suis plutôt pessimiste et m’attends au pire).
Je m’étais dit de faire au mieux, conservé ma méthode de travail que j’ai peaufiné, et au moins voir tout le programme car plus j’en faisais en tant que primant et moins j’en faisais en tant que doublant. Je pensais réellement que j’allais redoubler car c’est le « parcours classique des médecin » alors je me suis octroyé du bon temps entre le sport, le shopping, les verres dans les bars avec des connaissances/rencontres, les week-end en famille car je ne ressentais plus cette pression.

C’était pour moi fini mais j’espère secrètement encore dans le fond de l’avoir.
Il est important d’avoir des loisirs et de conserver une vie sociale car ça influence vos capacités de travail. Travailler perpétuellement engendre une baisse d’efficacité et peut entraîner un burn-out. Une preuve peut appuyer ce que j’avance:

– au premier semestre où je travaillais tout le temps: je n’ai eu que 10,5 de moyenne et n’ai validé que la moitié en terme de crédits.
– tandis qu’au second 13,5 alors que je travaillais beaucoup moins et j’ai validé tous les UE (unité d’enseignement) sauf une matière.

Aviez-vous dans votre famille des médecins, dentistes ou pharmaciens ?
Absolument pas. Je suis issu d’une famille d’ouvrier.

Combien d’heures de sommeil aviez-vous par nuit ?
Au premier semestre: j’étais régulier! 7h-8h en me couchant à 22h30-23 et je me levais à 7h pour commencer à 8h30.
Au second semestre: j’étais irrégulier: 7h grand max et dans le pire des cas 4h quand il y avait des concours blancs que je révisais forcément au dernier moment. Mais comme j’étais en prépa privée: j’allais pas en cours et je me couchais en général vers 1h30-2h (des fois, c’était plus tard dans le style 3h ou 4h) et par conséquent; j’ai complètement déréglé mon horloge biologique. (Ne suivez pas cet exemple-ci!)

Il est important de maintenir une bonne qualité de sommeil et surtout de se coucher aux mêmes horaires à peu près chaque jour pour ne pas trop perturber votre corps et être optimal dans le travail et l’apprentissage.

La PACES, c’est 75% de mémorisation alors si vous êtes claqués: vous n’êtes pas prêt de retenir quoi que ce soit et donc vous allez travailler inefficacement. Quand je me sentais trop fatigué ou que je voyais que je ne mémorisais rien du tout; je préférais reporter le reste de mon programme du jour au lendemain (quitte à me coucher plus tôt pour me lever plus tôt et ainsi ne pas accumuler de retard) Il m’est arrivé du coup pendant un moment au premier semestre de me coucher à 20h pour me réveiller à 4h et compenser le travail non effectué de la veille.

Combien d’heures travailliez-vous par jour ?
Au premier semestre: toujours dans la régularité, le stress.
Je bossais 7h le lundi, jeudi, vendredi.

Le mardi/mercredi: 2h car c’était les journées où j’avais ED, tutorat, conférences donc pas beaucoup de temps pour l’apprentissage). C’était en quelque sorte mon week-end (mais en semaine!)
Je rattrapais ce temps « perdu » (car tout est relatif, le mardi/mercredi, même si j’apprenais pas: je faisais des QCM et exercices en vue du concours) le week end.
Le samedi, je bossais 7h-10h aussi (en fonction de mon humeur).

Je me levais plutôt tôt (aux alentours de 7h30) pour débuter à 8h et réviser (sans faire de pauses) jusqu’à temps que mes parents arrivent vers 15h30-16h car je savais qu’après leur visite à mon appartement (ils repartaient vers 20h); j’avais plus envie de rien faire généralement et me détendre (enfin, dans ma tête: je me disais surtout que j’ai pas révisé tel(s) cours).
Par contre le dimanche, je bossais 12h pour rattraper le mardi et le mercredi où j’estimais de pas travailler, du moins apprendre.

Au second semestre, c’était différent et irrégulier comme j’avais changé mon rythme de travail et organisation. Je bossais selon mon envie, sans me mettre de pression, ni me prendre la tête. Il y a des jours où je ne bossais pas, voire une semaine.
En terme d’heures, j’admets avoir moins bossé car c’était 3 à 5h grand max et de temps en temps quelques pics à 8h d’apprentissage. Même si je bossais moins, j’ai eu l’impression de bosser efficacement contrairement au premier semestre.
Après, c’est peut-être parce que je n’allais plus aux cours de la fac, mais que ceux de prépa que j’avais ce ressenti-ci.

Quelle était votre méthode de travail pour l’apprentissage ?(Soyez le plus précis)
Encore une fois, entre premier et second semestre: c’était différent.

Mais concrètement, j’appliquais la méthode des J! Il s’agit d’apprendre tel cours à telle date, puis de le revoir selon une échéance particulière (J-3; J-7 qu’il vous faudra adapter car au bout d’un moment: c’est chaud).
Je trouvais qu’au bout de la troisième fois; le cours était bien imprimé en tête. Pour apprendre, je sélectionnais une page et mémorisais toutes les informations présentes dessus, presque mot-pour-moi puis je récitais bêtement ce qu’il y avait inscrit dessus mot pour moi et quand j’avais fini, je passais à la page suivante jusqu’à la fin du cours.

Je prenais une pause de 5/10 minutes entre deux cours (bien évidemment, ça dépend des cours car certains prennent moins de temps à apprendre!). Je ne respectais pas tout le temps les échéances.

Sur mes écrits, j’avais un code couleur pour « classer les informations ». Cette méthode est efficace pour les matières où c’est que du par coeur et peu de réflexion est suscité, à savoir (à Amiens):
– l’UE1 (partie biochimie, biologique moléculaire/génétique),
– toute l’UE2,
– l’UE3A (Electrophysiologie, les rayons ionisants, RMN),
– l’UE3B (Ph, transport physiologiques cellulaire),
– toute l’UE6,
– ainsi que l’UE7 (partie QCM (droit, botanique), philosophie et histoire de la médecine).

Cette méthode est moyennement efficace. pour l’anatomie car même si l’anatomie est essentiellement du par coeur: il faut savoir se repérer dans l’espace car il est facile de tomber dans les pièges spatiaux (notamment les termes interne/externe qui peuvent rendre une proposition fausse).

Ou alors, faut apprendre au dernier moment pour que tout soit bien en tête ou alors faut apprendre les schémas (et pour le coup, j’avais la flemme car ça me prenait du temps également). Donc:
– l’UE5
– l’UEspé en médecine/kiné (anatomie de la tête et cou, du petit bassin, des membres)

Elle est revanche inefficace sur les matières où c’est de l’application de formules, des calculs et/ou de la compréhension où il faut refaire beaucoup les exercices (sachant que j’aime pas faire des exercices):
– l’UE1 (chimie-physique, chimie organique)
– l’UE3A (Optique, RMN)
– l’UE3B (Les fluides)
– toute l’UE4.
– l’UEspé génétique.

Autant vous dire que sur là où cette technique n’a pas marché: il n’y a que la chimie organique où je réussissais. Tout le reste, c’était un gros bordel! Après, en général, ce sont les points durs du programme de PACES selon moi et donc réussir ce qui nécessite de la compréhension, si vous êtes déjà fort en mémorisation: c’est assurer votre année.

Sur mes écrits, j’avais un code couleur pour « classer les informations ».
– Vert: informations numériques/localisations
– Violet: exemples.
– Bleu: énumérations
– Orange: remarques
– Rose: Points essentiel de cours / points qui tombent souvent au concours.
– Jaune: le reste que j’arrivais pas à classer.

Au premier semestre, j’apprenais les nouveaux cours le jour-même puis j’appliquais ma méthode. Je faisais peu d’annales de QCM, hormis à la fin et c’est ce qui a sauvé ce premier semestre catastrophique.

Au second semestre, étant en prépa: je recevais les cours à la semaine une semaine après qu’ils étaient fait à la fac. J’apprenais le cours puis je faisais que les QCM relatifs à ce cours. Puis j’appliquais la méthode des J mais avant de réviser le cours: je faisais d’abord les QCM pour voir ce que j’avais retenu par rapport à l’apprentissage.

Les QCM d’annales sont très importants et il ne faut pas les négliger.

Certains professeurs ont leurs petites habitudes et posent des questions dans le même style. Il arrive même parfois que certains recyclent leurs questions. Puis, savoir quelles questions sont posées par les professeurs permettent d’orienter, préparer les révisions intenses avant les épreuves de concours. Pour certains, il n’y a pas trop de surprises quant aux questions ou alors elles sont faciles et une relecture très brève du cours suffit quand on en a compris les points essentiels tandis que d’autres posent des questions de façon aléatoires sur leurs cours qu’il faut alors connaître minutieusement, mot pour mot…

Faisiez-vous des fiches ? Si oui comment ?
Au premier semestre: non.
Au second semestre: oui.
J’indiquais sur ces fiches de révision les points de cours sur lesquels je butais à la fin du premier apprentissage et des QCM pour que ce soit clair et pour savoir quels points je devais insister lors de la prochaine révision. Ca m’a été pratique en santé publique pour avoir toutes les formules sur une même page et éviter les confusions. Mais je ne les ai pas relues lors des révisions intenses.

Avez-vous travaillé seul(e) ? En groupe ?
Seul et de préférence chez moi. Rarement en BU car il y avait trop de tentations:
– parler avec des amis/connaissances
– être distrait par des petits bruits/ la foule qui passe.
J’ai besoin d’être tout seul pour travailler de façon optimale. Le moindre bruit me perturbe.

Travailliez-vous à la bibliothèque de votre université ou chez vous ?
voir ci-dessus.

Etiez-vous au tutorat de votre fac ou dans une prépa privée ? Pourquoi ? Que recommandez vous ?
J’ai fais les deux!
Au premier semestre: conférence + tutorat de la faculté.
Au second semestre: prépa privée.

J’ai choisi au premier semestre le tutorat car c’était gratuit et une seule fois par semaine. Au moins, si j’échouais: je payais pas de ma poche, enfin celle de mes parents (j’aime seulement investir quand il y a un bénéfice probable pour moi).

C’était une fois par semaine. Le seul hic, c’était qu’une seule matière était traité par semaine et pas de la même façon entre l’UE2 (histologie, biologie cellulaire et embryologie) où tu avais 40 questions et nécessitant pas beaucoup d’explications et à l’inverse l’UE3 (états de la matières, électrophysiologie, optique, rayons ionisants et RMN), matière redoutée très sélective du S1 qui peut faire la différence où tu n’avais que 7-8 questions environ et où il fallait beaucoup d’explications. Je suis mitigé quant au tutorat.

En plus, à côté, je prenais les conférences. Alors les conférences; ce sont d’anciens étudiants en PACES (ayant eu leur année) et qui préparent les PACES aux épreuves du concours par des séances de QCM préparé par leurs soins.
Ce n’est pas gratuit mais c’est à petits budgets (150-250 euros) mais c’est déjà mieux! Au moins, toutes les matières sont traitées chaque semaine et il y a un réel suivi par rapport au programme: ce qui a été vu la semaine précédente est synthétisé en QCM la semaine suivante.
Mes maîtres de conférences avait tendance à nous faire des QCM difficiles pour justement nous forcer à apprendre chaque cours dans le moindre détail, faire attentions aux pièges qui peuvent coûter chères et pour pas grand chose. J’ai trouvé cet aspect génial pour le coup car le jour du concours: ça me paraissait plus simple.

Le gros défaut dans le tutorat et les conférences:
– Les QCM sont larges parfois et ne ciblent pas forcément les points essentiels du cours.
– ce sont les erreurs dans les corrections (erreurs humaines bien évidemment) et parfois, on n’ose pas (si on est timide) de remettre en question la véracité d’une correction car eux, ils ont eu leurs PACES et pas toi…

Au second semestre, j’ai opté pour la prépa privé car je voulais être sur une marche d’égalité avec les autres. (Environ 2 ou 3/5 de la promotion a recours à une prépa privée). Du coup, je n’avais plus besoin d’aller en cours car on me fournissait à la fois:
– les cours
– des annales corrigées et classées du concours PACES des années antérieures de chaque cours
– des concours blancs pour m’entraîner ou bien chez moi ou bien en conditions réelles.
– des séances d’explications dans chaque matière et surtout pour les matières à compréhension.

J’ai préféré bien évidemment la prépa privée car ça m’a laissé plus de temps pour moi, pour me détendre. Il y a moins d’erreurs et les QCM sont davantage ciblés sur les attentes des professeurs. De plus, les cours étaient propres et ce fut un gain de temps, surtout pour l’anatomie où c’est long de retranscrire un cours à cause des schémas (comptez une journée pour un cours de 2h haha avec le professeur de neurologie)
Néanmoins, la prépa privée a un certain coût (1500 euros le semestre) alors il faut bien miser si on est sûr de sa mise, et bien travailler ses cours, sinon, c’est jeter de l’argent par les fenêtres!
Et au passage, car beaucoup le pense: ce n’est pas parce que vous investissez dans une prépa privée que forcément; vous allez avoir votre année. Il faut travailler derrière. La prépa ne reste qu’un soutien et ne fera pas le travail à votre place.

Etiez-vous bien classé aux colles du tutorat et/ou de la prépa privée ?
Au tutorat:
UE1: oui, dans le premier quart
UE2: dans la moitié.
UE3A: Dans les premiers.
UE5: dans la moitié.

En prépa privé (sur 500):
– UE3B: dans les 100 premiers
– UE4: j’ai jamais osé le faire… Me rétamer et perdre mon temps pour une matière que j’ai nullement bossé: c’était pas mon délire. Je préférais utiliser ce temps à quelque chose d’autre d’utile.
– UE6: Dans les 100 premiers.
– UE7: Dans le top 10
– UEspé
-> UE tête et cou: dans les 100 premiers.
-> UE Petit bassin: dans les 100 premiers.
-> UE membres: dans les 100 premiers
-> UE génétique: à la moitié.

Néanmoins, il ne faut pas se fier aux classement de colles du tutorat ou concours blanc car ça met en conditions mais c’est du faux! Le jour-j, des facteurs comme le stress face aux question peut entrer en jeu et vous déstabiliser. Grand nombre perdent leurs moyens le jour-même du concours à cause de cela. C’est mon sang-froid qui a sauvé mon premier semestre car je n’étais pas du tout stressé (je partais déjà avec l’idée de redoubler).
J’attendais juste de donner le meilleur de moi-même pour ne rien regretter au moins. J’ai eu quelques surprises quand même!
En UE1: j’ai même pas eu la moyenne, pourtant bien classé.
En UE6: j’ai eu moins que ce que j’espérais même si c’était une bonne note quand même

Aviez-vous du retard dans vos cours ? Si oui, comment le gériez-vous ?
Au premier semestre: aucun.
Juste à la période de révision, je n’ai pas eu le temps de tout réviser car j’ai trop pris le concours à la légère pour le concours… Je m’étais surtout tapé une psychose où je me projetais déjà de partir en Roumanie faire mes études de médecine car ce serait trop difficile pour moi en France; du moins que le concours de PACES allait m’en empêcher. Je me suis tout de même ressaisis in extremis et je m’étais fixé 4 jours pour réviser 4 UE…
Au final, je n’ai révisé que la moitié de l’UE5 et 4/5 de l’UE3 (les matières les moins importantes bien évidemment), négligeant les matières les plus « coefficientées ». J’ai regretté à l’annonce des résultats du S1 car je m’étais mis finalement moi-même des bâtons dans les cours et j’ai bien cru que ça allait coûter mon redoublement cette erreur. Mais j’ai eu de la chance très honnêtement…
Au premier semestre: il donne une semaine de révision et c’est pas assez. Je recommande de commencer les révisions deux semaines du matin au soir:
– UE1: 4 jours
-> 1 pour la chimie-physique
-> 1 pour la chimie-organique
-> 1 pour la biochimie
-> 1 pour la biologie moléculaire/génétique.
– UE2: 4 jours et demi
-> 1,5 pour l’histologie
-> 1,5 pour l’embryologie
-> 1,5 pour la biologie cellulaire.
– UE 3: 2 jours et demi.
– 1 demi-journée pour chaque bloc.
– UE5 : 3 jours.
– 1 journée et demi pour la partie du professeur de neurologie
– 1 journée et demi pour l’autre professeur.

Au second semestre, avec mon rythme de vie effréné et la nouvelle organisation: j’avais une semaine de retard. Et pas malchance, je suis tombé sévèrement malade à 4 semaine du concours (céphalées de tensions) où je n’ai pas révisé pendant une semaine.
J’ai fais mes révisions intenses, tout en étant malade: ça a été dur. Ce qui fait qu’en début de semaine de révisions, j’avais deux semaines de retard. J’ai dû réadapté la méthodes des J en ne revoyant qu’une seule fois les cours qui n’avaient pas été traités en me disant qu’avec le sprint final, ça ferait que j’avais vu chaque cours trois fois.

Sur ces deux semaines où j’ai travaillé entre 10 et 14h par jour, il y en a:
– une où j’ai rattrapé le retard plus ou moins.
– l’autre où j’ai retapé tout le programme du S2 mais où cette fois-ci: j’ai eu le temps de tout réviser en forçant sauf l’UE4, les maths où j’ai fais impasse. Autant vous dire qu’après: j’avais envie que d’une seule chose; de dormir car mon cerveau n’en pouvait plus et ne pouvait plus retenir quoi que ce soit.

Egalement pour le second semestre: je trouve qu’il faut deux semaines pour tout réviser:
– UE3B: 2 jours.
– UE6: 2 jours.
– UE7: 4 jours
-> 1 jour pour la botanique
-> 1 jour pour le droit
-> 1 jour pour la philo
-> 1 jour l’histoire de la médecine
– UE8: 4 jours.
-> 1 pour tête et cou
-> 1 pour petit bassin
-> 1 pour membres
-> 1 pour la génétique.

Autant vous dire qu’en tout cas; on ne chôme pas en période de révisions: c’est du matin au soir et que c’est mieux d’être en avance qu’en retard. Il faut faire du mieux que vous pouvez.

Quel était votre rythme de travail ?
Au premier semestre, en semaine sauf jeudi:
– 8h30-12h45: cours.
– 13h45-18h: cours (jeudi)

le lundi, vendredi:
– 14h-16h30: apprentissage des nouveaux cours.
– 17h – 19h30: révisions d’anciens cours.
– 21-22h30: révisions d’anciens cours.

le mardi, mercredi:
– 14h – 16: apprentissage des nouveaux cours et/ou révision d’anciens cours.

le jeudi:
– 8h30-12h45: apprentissage des nouveaux cours de mardi et/ou mercredi ou révisions d’anciens cours et plus rarement: grasse matinée!
-20-22h30: apprentissage de nouveaux cours.

Le samedi:
– 8h – 15h: révisions.

Le dimanche:
– révisions toute la journée

Au second semestre: c’était au feeling sérieux.

Dans quel état d’esprit étiez-vous pour réussir ? Esprit compétition ? Altruiste ?
Ce fut un combat contre moi-même uniquement. Mon objectif avait été de repousser mes limites, donné le maximum ainsi que le meilleur de moi-même pour ne rien regretter et au pire des cas comme je l’ai formulé, m’avancer autant que je pouvais cette année pour avoir moins à en faire dans l’éventualité du redoublement.

J’essayais de ne pas penser aux autres pour ne pas ajouter de stress car il y a bien sûr, meilleur que moi. C’est pour cette raison aussi que j’évitais de bosser à la BU car je voyais les autres également progresser et comme il m’arrive de faire des pauses, voir les autres taffer tandis que je me tournais les pouces m’angoissait.

On sentait clairement l’esprit de compétition et qu’il s’agissait d’un concours dans la BU et les amphithéatres.

Mais je ne suis pas rentré dans ce délire. Je suis resté focalisé sur mon objectif: obtenir mon concours sans déstabiliser les autres. Envers mes amis et les nouvelles rencontres que j’ai faites: j’ai toujours été altruistes en donnant des conseils quand j’arrivais bien à faire quelque chose, à filer des cours éventuellement quand ils étaient en détresse (parfois même sans qu’ils me le demandent!) et ça allait dans les deux sens bien évidemment.
Sans ce groupe, je n’aurai pas eu mon année et je leur en remercie même si je suis le seul à avoir eu mon année dedans avec une amie doublante… C’est pour cette raison: entourez-vous de personnes bienveillantes même si ce n’est pas facile, compte tenu du contexte et éloignez les personnes malsaines.

Vous étiez plutôt stressé(e) ou plutôt décontracté(e) ?
Stressé au premier semestre car je ne savais pas où me positionner au premier semestre. J’avais surtout peur des doublants car ils avaient déjà un an d’avance et ils avaient assimilés plein de choses contrairement à moi. Puis, on sait tous qu’un doublant a plus de chances d’avoir son année qu’un primant car il sait ce qui l’attends!
Décontracté au second semestre car j’ai vu que j’étais capable d’avoir ce concours, que j’en avais les capacités et qu’une bonne partie était déjà joué! J’ai surtout compris que le stress me taclait et m’ensevelissait dans l’échec.

Quelle attitude aviez-vous en cours théorique ? Concentré(e) ou dispersé(e) ?
Ca dépendait des cours.
Comme je notais mes cours au S1: j’étais très concentré pour noter tout ce qui était écrit sur les diapos car certains professeurs vont vite (alors qu’en vrai, il faut plutôt guetter ce que le professeur dit).
Quand le rythme ralentissait, j’étais à l’ouest et écoutais d’une seule oreille uniquement…

Comment preniez-vous vos cours ? Sur ordinateur ? Sur papier ? Avec un dictaphone ?
Sur ordinateur au premier semestre.
Par prépa privée au second semestre.
Encore une fois, choisissez l’outil avec lequel vous êtes le plus performant!
Dans mon cas, j’écrivais plus vite à l’ordinateur, sans abréviation et c’était propre au moins. Je suis assez perfectionniste aussi…

Vous serviez-vous des annales pour réviser ?
Au premier semestre: non ou du moins qu’à la fin (grosse erreur)
Au second semestre: oui.
Les annales sont vos meilleurs alliés même si des fois, vous pétez un câble dessus car vous n’y arrivez pas. Il faut les faire régulièrement afin d’adopter des réflexes face aux situations. Les pièges restent récurrents alors une fois qu’on a compris, c’est facile les fois suivantes et puis comme ça, on limites les surprises le jour du concours.

Comment était organisée votre journée ?
voir ci-dessus.

Quels seraient vos conseils pour les futurs étudiant(e)s en PACES ?
– Ne prenez pas un logement trop loin de la faculté (au maximum à 20 minutes)
– Ne travaillez pas les cours de lycée et/ou de PACES pendant l’été précédant votre rentrée! C’est vous épuiser pour rien!
– Ce n’est pas parce que vous n’avez pas été brillant scientifique au lycée et que vous n’avez pas eu une grosse mention et/ou de bons résultants que vous allez vous foirer à la faculté! Au contraire, certains se révèlent à la faculté car tout ce qui est abordé leur plaît et ils prennent du plaisir. De plus, le rythme et les attentes sont différentes. Les statistiques étaient contre ma faveur et pourtant, j’ai eu mon année alors que d’autres, mention très bien avec spé maths, redoublent…

– Pensez à vous aérer l’esprit de temps en temps et ne pas travailler tout le temps pour éviter le burn-out et relâcher l’accumulation de stress: une sortie soft entre amis prend peu de temps mais vous aider à repartir d’un bon pied.
– Ne poussez pas vos limites quand ce n’est pas urgent ou nécessaire. Il vaut mieux réserver son énergie pour les dernières semaines de révisions. Quand vous vous sentez fatigués: n’insistez pas et repousser au lendemain le travail du jour.
– Adoptez un mode de vie sain avec un bon sommeil (8h), tout en mangeant équilibré et aux heures à lesquelles la population mange car on a tendance à grossir en PACES car pas le temps de faire à manger…
– Pratiquer une activité physique pour ne pas perdre la forme! Au S1, à force de ne rien faire et ne pas me bouger, mis à part réviser tout le temps, j’étais tout le temps fatigué.
– Ayez votre propre méthode de travail. Chaque individu est différent et donc apprends différemment. Certains ont une mémoire visuelle, d’autres auditives; certains doivent re-écrire les cours pour les ancrer dans leur mémoire alors trouvez la votre et il faut la peaufiner en fonction de vos expériences. Je n’ai pas trouvé ma méthode tout de suite immédiatement et même encore, à l’heure actuelle: je sais qu’elle n’est pas parfaite pour moi encore et que je dois la changer.
– Entourez-vous de personnes bien intentionnées qui sauront être là pour vous quand ça n’ira pas et pour conserver un minimum de vie sociale car ça a aussi son importance.
– Enfin, ne vous fiez pas des autres et de leur avancée: c’est une source de stress. Pensez uniquement à vous.

Qu’est ce qui vous a fait réussir selon vous, par rapport aux autres étudiants ?
Mon ambition, mon esprit de compétition, mon mental, mes capacités et ma volonté d’être médecin. C’est un rêve que je traîne depuis tout gosse donc une bonne dizaine d’année: je ne me voyais pas faire autre chose (même quand je réfléchissais à une roue de secours; je ne m’imaginais pas vraiment ailleurs…). Ce n’est pas donné à tout le monde d’être médecin, du moins étudiant en médecine car ce fichu concours brise énormément de rêves.

Car honnêtement, je ne partais pas avec le meilleur bagage scientifique à la fin du lycée:
– 04 en mathématiques
– 07 en physique-chimie.
On m’recommandait de m’orienter vers des études littéraires car c’était mon domaine de prédilection! Des professeurs du pôle scientifique en terminale se sont même foutus de ma tête ouvertement et rit au nez quand je leur avais annoncé mon souhait d’être médecin. Pourtant, j’ai rien lâché. Mes lacunes m’ont obligé à travailler plus qu’un élève « standard » et mon pessimisme a été en quelque sorte un moteur car j’avais peur de me réorienter ou de redoubler.

Au final, ça a payé et je peux vous dire que quand j’ai envoyé un message à mon professeur de SVT de lycée pour lui annoncer qu’il avait eu tort au final et que j’ai réussi, je n’ai jamais un aussi large sourire de satisfaction.

Pour terminer, comment avez-vous trouvé cette première année des études de santé ?
Très difficile.
La PACES est une expérience qui vous invite à vous remettre en question, à fixer et dépasser vos limites personnelles. C’est une année où l’on repart à zéro et où on doute de tout. Mais même encore aujourd’hui, j’ai du mal à réaliser que j’ai franchi ce cap (et du premier coup en plus) tellement ça me semblait impossible d’avoir ce concours.
Aujourd’hui, j’en rigole car j’ai surmonté cet obstacle mais pour rien au monde, je ne souhaite revivre cette expérience car il en faut pour tenir…

Que pensez-vous du site www.reussirmapaces.fr ?
Très bon site.
Je l’ai consulté comme une bible depuis des années (à vrai dire dès la fin du collège/début lycée) afin de trouver ma méthode de travail, ainsi que du réconfort quand j’avais peur et n’y croyait plus. J’ai tant attendu ce jour où je pourrais désormais témoigner également à mon tour en tant qu’étudiant en médecine et apporter mes impressions/conseils et motiver d’autres lycéens qui vivent les mêmes doutes que j’ai perçus antérieurement. Ce site m’a fait rêvé!

Car, en effet, voir des étudiants avec un profil similaire au mien, c’est-à-dire n’ayant pas eu un beau bac avec mention très bien et/ou bien, mention européenne, spé physique-chimie ou maths me donnait l’énergie nécessaire pour me remettre au travail et me dire que si eux l’ont eu: pourquoi, moi, je ne l’aurais pas?

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