Les facteurs de réussite en PACES, entre mythes et réalités.

Voilà bien une phrase qui fait trembler n’importe quel étudiant entrant en PACES : « Ai-je mes chances pour réussir ma PACES ? »

La PACES, sanctionnée par un concours dont le taux de réussite tourne autour des 15 – 20 % toutes universités et filières confondues, est redoutée – à juste titre – par la quasi totalité des étudiants.
Nous allons dans les lignes qui vont suivre, s’atteler à décortiquer et élucider les principaux facteurs de réussite qui jouent un rôle majeur durant cette année sélective : les mentions obtenues au baccalauréat, être primant versus doublant et enfin, le tutorat versus la prépa privée. En route.


Les mentions obtenues au baccalauréat

C’est un secret de polichinelle, meilleure est la mention, meilleur est le taux de réussite… sur le papier !

Qu’on se le dise, les statistiques sont formelles, une mention très bien a nettement plus de chances de réussir qu’une mention passable.

Passable Assez Bien Bien Très bien
Répartition des admis selon la
mention, 
dans la filière médecine
à Paris Descartes lors des
résultats de 2013
5% 15% 33% 47%

(Le tableau se lit de la sorte : parmi les admis de la filière médecine, 47% des étudiants avaient obtenu un Bac S avec mention très bien etc.). Source.

Mais ce n’est pas pour autant que les étudiants avec une mention passable n’ont aucune chance de réussir, bien au contraire ! L’auteur de cet article, du site et du livre en est bien la preuve 😉

Par ailleurs, il est très important de noter que les chances de réussite en primant pour une mention passable sont certes faibles, mais une fois devenu doublant, ces chances de réussite font un énorme bond en avant. Il est en évidemment de même pour les mentions plus élevées (nous en reparlerons plus tard).

Concrètement, qu’est ce que ces chiffres nous enseignent ?

  • La mention obtenue est (très) généralement le reflet du travail effectué lors de ses années au lycée. Une mention B ou TB a nettement plus travaillé que l’étudiant ayant eu mention Passable ou AB. Elle est donc plus apte à réussir.
  • Meilleure est la mention, meilleure est la disposition de l’élève à se mettre au travail. Une mention TB est donc nettement plus travailleuse qu’une mention AB – du moins durant les années lycée.
  • Les mentions B et TB ont déjà acquis une méthodologie et un rythme de travail qui leur ont permis de décrocher de bonnes notes.

Oui, mais :

  • Beaucoup de mentions B et TB se cassent les dents une fois arrivées en PACES en découvrant la charge impressionnante de travail à fournir et surtout aux antipodes de ce qu’elles s’étaient habituées à fournir.
  • Certains se reposent sur leurs lauriers du fait de l’obtention d’une excellente mention et pensent à tord (à la vue des statistiques) que la PACES leur est promise de droit.
  • La méthode qu’ils utilisaient au lycée n’est plus du tout d’actualité en PACES, et beaucoup se retrouvent perdus et se noient sous une masse de travail qui s’aborde bien différemment qu’au lycée.
  • Les étudiants ayant eu des mentions basses – P et AB – ont encore plus l’envie de réussir que les mentions TB et ne souhaitent qu’une chose : faire mentir les statistiques.
  • Un certain nombre de mentions basses n’ont très certainement jamais fourni de travail au lycée, en travaillant le moins possible et parant au plus pressé pour décrocher le baccalauréat. Ceux là ne peuvent que se révéler durant cette année, et produire une force de travail conséquente.

Conclusion :

Bien qu’il soit indéniable – sur le papier – que la réussite se joue en partie sur l’obtention d’une mention ou non, il faut absolument savoir qu’une fois arrivé en PACES, les cartes sont complètement rabattues. Les mentions TB et P se retrouvent sur les mêmes bancs de l’amphithéâtre, devant les mêmes cours et les mêmes difficultés.

Beaucoup de mentions B et TB ont et vont échouer. A l’inverse, beaucoup de mentions P et AB ont et vont réussir.

En PACES, il n’est plus question de mentions, mais d’envie de réussir, de volonté, de méthode, et surtout de croire en ses rêves !


Etre primant versus doublant

Voilà deux « clans » qui ne peuvent et ne pourront jamais se voir : concours et sélection obligent.

Les uns se moquent des autres car ils n’ont pas réussi le concours du premier coup, et les autres se moquent des premiers étant complètement perdu dans ce tout nouveau monde sanguinaire.

Querelles historiques et redondantes mises de côté, il est temps de s’intéresser à ce qui constitue le facteur commun le plus important de réussite en PACES : doubler.
Qu’on se le dise, ne pas réussir du premier coup ne constitue aucune espèce de honte, la preuve : la plus grande partie des admis en deuxième année sont des doublants. Et vous savez quoi ? Qu’importe l’avoir en primant ou en doublant : une fois en deuxième année, eh bien on est en deuxième année. Point.

Que disent les statistiques ?

Etudiants Inscrits Admis Taux de réussite
Admis/Inscrits
Primant 1429 172 12%
Doublant 986 377 38%
Triplant 35 27 77%
Total 2450 576

On constate bien ici, (en reprenant le même exemple de Paris Descartes en 2013) que le fait de doubler fait tripler ses chances de réussir – et ce, toutes mentions confondues !

C’est à dire que près de 40% des 986 doublants inscrits en PACES à Paris Descartes sont passés en deuxième année. Rien que ça !

L’évolution est donc significative, et toutes les mentions sont impactées par cette hausse du taux de réussite, de la mention Passable à la mention TB.

C’est ainsi, qu’en deuxième année de médecine à Paris Descartes, plus de 60% des admis sont des doublants, ce taux dépasse les 80% dans les autres filières.

Pourquoi le taux de réussite en doublant est-il plus élevé ?

  • Les doublants sont déjà passés par l’épreuve du feu et des concours, ils en connaissent les subtilités et ont pu analyser ce qui n’avait pas fonctionné durant leur première première année. C’est comme si vous recommenciez un jeux-vidéo : vous savez où et quand les ennemis et les pièges débarquent.
  • L’envie de réussir est exacerbée par l’effet de « la dernière chance ». Il faut dès lors tout donner et redoubler d’efforts. Croyez-moi, ça donne un bon coup de fouet.

Pourquoi le taux de réussite en primant est-il plus faible ?

  • Découverte totale de ce qu’est la PACES et de son fonctionnement.
  • Temps d’adaptation nécessaire avant de se mettre sur les rails, plus ou moins rapide selon chacun des primants.

Conclusion :

Rien de nouveau sous le soleil ici, réussir en primant est plus difficile que réussir en doublant, pour plusieurs raisons : certains ont besoin de leur année entière de primant pour s’adapter et lancer la machine, quand d’autres trouvent leurs marques dès les premières semaines de cours (ces derniers sont généralement les mentions B et TB).

Une fois admis, primant ou doublant, vous deviendrez les meilleurs amis du monde.

Le tutorat versus la prépa privée

Pour faire simple et couper court à toutes polémiques, il n’y a pas de différences notables et flagrantes entre le fait de réussir en étant au tutorat, et réussir en étant dans une prépa privée.

Les deux systèmes se valent aussi bien l’un que l’autre, à un point près, et non des moindres : la différence impressionnante du cout.

Tutorat Prépa privée
Les +
  • Cout quasi nul (gratuit dans certaines universités, sans dépasser les 100€ dans le reste des universités, le tout pour l’année entière)
  • Tuteurs dévoués, motivés et bénévoles
  • Colles et exercices relus et contrôlés par les profs de l’université
  • Classements aux colles plus représentatifs qu’en prépa
  • Encadrement plus stricte et dans la continuité du lycée
  • Effectif de classe plus réduit qu’au tutorat
Les – 
  • Moins d’encadrement qu’en prépa. Il faut être assidu et motivé
  • Volume horaires faible dans certaines universités
  • Cout exorbitant de l’ordre de plusieurs centaines à plusieurs milliers d’euros
  • (Certains tuteurs plus motivés par les revenus que par l’aide aux étudiants ?)
  • Classements aux colles moins représentatifs
  • Colles non vérifiées par les profs de l’université

 

Conclusion générale 

Nous l’avons vu, il y a plein de « paramètres » qui font que vos chances de réussir augmentent ou diminuent. Bien que la mention soit – sur le papier, nous le répétons – un facteur « prédisposant » de réussite,  elle ne constitue aucunement l’épée de Damoclès se trouvant au dessus de votre tête !

D’un autre côté, doubler constitue réellement une avancée dans les chances de réussite. Attention toutefois ici, vous ne devez – et c’est une obligation – jamais débuter votre PACES en pensant qu’il est impossible de la réussir du premier coup. Beaucoup l’ont eu et continueront à l’avoir en primant.
La PACES se joue réellement sur votre capacité à développer et entretenir une motivation hors norme et infaillible, être méthodique, travailler bien et avec la bonne manière, et surtout y croire jusqu’au bout.

Mon petit doigt me dit qu’il y a aussi le livre Je vais vous apprendre à réussir la PACES, qui aide et a aidé plusieurs milliers de PACES et de désormais néo P2 🙂

Que la force soit avec vous !

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